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Mexico 2008 :
Lier multithérapie et multiprévention

L’infection à VIH demeure l’épidémie majeure du début de ce siècle. La 17e conférence internationale sur le sida qui s'est tenue du 3 au 8 août 2008 marque très certainement un tournant essentiel dans la façon d’appréhender cette épidémie. Le grand changement épistémologique est le formidable rapprochement de la prévention et des traitements.

On connaît le rôle majeur des trithérapies dans la prévention de la transmission materno-fœtale pendant la grossesse, mais aussi dans la baisse de la charge virale et donc du risque de transmission par voie sexuelle. La polémique reste vive autour de la « déclaration suisse » et sur les conséquences à en tirer en matière de prévention individuelle. La nouveauté concerne l’utilisation des antirétroviraux en préexposition, soit sous forme de dispositif local – c’est la nouvelle génération de microbicides –, soit par voie orale – c’est la Prep, ou prophylaxie préexposition, qui consiste à traiter des personnes séronégatives exposées pour limiter le risque de contamination. Cette médicalisation de la prévention ne manquera pas de susciter de nouveaux débats.

Leçons des expériences communautaires dans des contextes d’épidémie concentrée

Malgré les progrès thérapeutiques, les stratégies de prévention efficaces sont peu nombreuses. La réduction des risques est efficace parmi les usagers de drogue. L’utilisation des préservatifs réduit la transmission du VIH. Toutefois, une conception étroite de la stratégie ABC a des limites. Les interventions prônant l’abstinence exclusive sont inefficaces. Celles qui incitent à limiter le nombre de partenaires sont peu efficaces. L’utilisation à vie du préservatif est difficilement envisageable pour tous.

Les nouvelles données
sur la circoncision

Parmi les sujets qui ont animé la conférence de Mexico figure sans aucun doute celui de la circoncision. « To cut or not cut », telle était bien la question… La réponse a donné lieu à des débats pour le moins passionnés.

La circoncision côté féminin

Marge Berer, rédactrice en chef et fondatrice de la revue Reproductive Health Matters, a indubitablement retenu l'attention de tous au cours d'une session intitulée « To Cut Or Not To Cut » (« Couper ou ne pas couper »). Son domaine d'expertise est celui des droits de la reproduction, et cela fait toute la différence : « La circoncision masculine est efficace de 50 à 60 %. Si je proposais aujourd'hui au monde une solution contraceptive efficace à 60 %, on se moquerait de moi. »La circoncision masculine « est-elle assez bonne pour les femmes ? », questionne-t-elle en ajoutant, « pas dans dix ans - et si l'on atteint les performances escomptées - mais tout de suite ? ».

Traitements antirétroviraux et prévention :
de la Suisse au Mexique

Depuis la communication suisse sur l'intérêt potentiel du traitement dans la prévention, le sujet a fait l'objet de nombreux débats et publications. La conférence de Mexico a naturellement accordé une place à ce thème, lui consacrant notamment un symposium le jour de l'ouverture - non sans quelques ambiguïtés. 

Prophylaxie préexposition,
le mariage de raison entre traitement et prévention

Si le fait le plus marquant de la conférence de Mexico est sans aucun doute le rapprochement des traitements et de la prévention, la prophylaxie préexposition (Prep) en est la concrétisation la plus emblématique.