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Ministère de la Santé

En France, le dispositif de lutte contre l'épidémie s'est constitué progressivement, sous la responsabilité du ministère de la Santé, à partir du milieu des années 1980. Comme dans d'autres pays, les personnes atteintes et les médecins ont été les premiers à élaborer des débuts de réponse, puis à s'organiser en associations à même d'intervenir dans le débat public. Les pouvoirs publics, prenant rapidement la mesure d'une épidémie d'une ampleur sans précédent depuis la tuberculose, font de la lutte contre le VIH/sida une priorité de santé publique.

Historique
Les premières mesures interviennent dès 1983, avec la mise en place d'un système de surveillance épidémiologique : inscription du sida au nombre des maladies à déclaration obligatoire et construction d'un dispositif de suivi des prises en charge de l'infection à VIH à l'hôpital. Les premières décisions relatives à la prévention interviennent peu après : dépistage obligatoire sur les dons du sang, puis en 1985 sur les dons d'organe, de tissus, de cellules et de sperme.
La stratégie de réduction des risques est officiellement adoptée en 1987, année à partir de laquelle les seringues sont en vente libre en pharmacie. La publicité pour les préservatifs est autorisée, le caractère volontaire, non contraint, du test de dépistage est affirmé. L'accès à celui-ci est facilité par l'ouverture dans tout le pays de consultations de dépistage anonyme et gratuit (CDAG).
Une première campagne de prévention télévisuelle en direction du grand public -"Le sida ne passera pas par moi"- est lancée. Des centres régionaux d'information et de prévention sida (Crips) engagent un travail dans la durée, soutenus par les pouvoirs publics nationaux et locaux.
Soucieuse des droits de l'homme et de la dimension éthique de la lutte contre l'épidémie, la France crée en 1989 le Conseil national du sida (CNS), chargé de conseiller les pouvoirs publics sur toutes les questions de société liées au sida.
A la même époque, une agence publique de recherche spécialisée est créée, l'Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites (ANRS). Celle-ci finance non seulement des travaux sur le virus, les pathologies qu'il génère, les traitements et les vaccins, mais aussi sur les aspects sociaux et comportementaux de la maladie, permettant ainsi de progresser dans l'identification des formes adaptées de prévention et d'intervention.
La politique définie et mise en œuvre durant les années 1990 sous la responsabilité d'un comité interministériel et à travers des programmes pluriannuels est globale et intersectorielle, allant de la prévention à l'accompagnement des personnes atteintes en passant par le dépistage et le soin. Elle est aussi définie et ajustée dans un dialogue constant avec les associations de malades et de personnes concernées, qui ont su inventer un mode d'intervention et bâtir une compétence collective inédits dans le champ de la santé. Aujourd'hui, toutes les instances relatives au sida, tous les groupes de travail comportent une représentation des associations.

La lutte contre le VIH/sida aujourd'hui
On estime à 144000 (source Institut national de veille sanitaire (InVS)) le nombre de personnes actuellement porteuses du VIH en France. Grâce à la déclaration obligatoire (et strictement anonyme) des diagnostics biologiques de séropositivité au VIH mise en place en 2003, la surveillance épidémiologique devient plus précise. Ainsi, 6500 personnes ont découvert leur séropositivité en 2008 (chiffre stable au cours des deux dernières années). Grâce aux trithérapies antirétrovirales, auxquelles tous les patients ont accès gratuitement, les décès sont devenus beaucoup moins fréquents.
Dans le même temps, force est de constater un certain recul des comportements de prévention, qui ouvre la voie à de nouvelles contaminations. Les populations les plus affectées sont les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH), les personnes migrantes -en particulier originaires d'Afrique subsaharienne- et les habitants des départements français d'Amérique (DFA).
Les nouvelles formes de l'épidémie depuis 1996 ont conduit à adapter la politique de lutte dans tous les domaines. Le dispositif de coordination organisé au plan régional, qui était centré depuis l'origine sur l'hôpital, intègre désormais les acteurs extrahospitaliers -associatifs et professionnels- de la prévention, du soin et de la prise en charge sociale.
Le programme 2005-2008 englobait pour la première fois la lutte contre les IST dans leur ensemble, et insistait sur la lutte contre les discriminations, l'intensification des campagnes de prévention et de communication et leur diversification selon les populations concernées, l'accès facilité au préservatif et au dépistage.
La préparation du nouveau plan de lutte 2010-2013 s'est appuyée sur une expertise pluridisciplinaire, interministérielle, associant l'ensemble des acteurs oeuvrant dans le champ du VIH/IST à savoir les services ministériels (santé et ses agences, social, travail, recherche, justice), les sociétés savantes, des personnalités qualifiées, et une représentation importante du milieu associatif et des patients. Ce nouveau plan national, en cours de finalisation sera décliné en approche populationnelle, faisant suite à une priorisation établie sur la base de l'importance et la dynamique de l'épidémie VIH/IST observée au sein des différents groupes identifiés :
- la communauté lesbiennes, gays, bisexuels et trans (LGBT) avec un volet prioritairement centré sur les HSH,
- les personnes étrangères et migrantes,
- les départements d'outre-mer (DOM),
- les populations en situation de vulnérabilité (personnes handicapées, personnes se prostituant, personnes détenues et usagers de drogues).
Dans le même temps, la France a poursuivi sa participation à la lutte contre l'épidémie à l'échelle mondiale et l'expression d'une solidarité indispensable avec les pays les plus affectés. Pour notre ministère, cela passe notamment par la poursuite du développement de l'initiative Esther, réseau paneuropéen à l'origine duquel se trouve la France. La branche française d'Esther est aujourd'hui présente dans 18 pays d'Afrique et d'Asie, où elle mène des actions de coopération en matière de prise en charge des personnes vivant avec le VIH/sida.