Ministère des Affaires étrangères et Européennes (MAEE)
Ministère des Affaires étrangères et Européennes (MAEE) / Direction générale de la mondialisation du développement et des partenariats (DGM) / Sous-direction de la santé et du développement humain (SDH)
La nouvelle Direction générale de la mondialisation du développement et des partenariats (DGM) du MAEE a pour mission d’intégrer la réalité des interdépendances mondiales dans de nombreux domaines dont la santé et d'inscrire la préservation des biens publics mondiaux comme un objectif majeur de la diplomatie française.En son sein, la Sous-direction de la santé et du développement humain (SDH) élabore, en liaison avec la société civile et l'ensemble des partenaires concernés, les stratégies sectorielles au titre de l'action internationale de la France, notamment pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). La SDH assure la promotion, le pilotage et le suivi de la stratégie française en santé et en éducation et elle coordonne les positions françaises au niveau des différentes organisations internationales. Elle anime enfin le réseau des conseillers santé régionaux qui ont un rôle majeur de mise en synergie des initiatives françaises sur le terrain et de suivi des pays dans leur lutte contre le VIH. La stratégie française de coopération en matière de santé dans les pays en développement (PED) donne la priorité à la lutte contre les 3 pandémies les plus tueuses -et la lutte contre le sida est une priorité-, à la couverture vaccinale universelle, à la crise des ressources humaines en santé, à la couverture du risque maladie ainsi qu'à la politique du médicament.
L'aide publique au développement (APD) santé représente en 2009 près d'un milliard d'euros dont plus d'un tiers est consacré à la lutte contre le sida et 63% à l'Afrique. Les contributions françaises à la lutte contre le sida ont ainsi considérablement augmenté, passant de 77 millions d'euros en 2003 à environ 360 millions d'euros en 2009, notamment grâce à la forte contribution de la France au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (la France y est le premier contributeur européen et le deuxième contributeur mondial) et à Unitaid qui, tous deux, contribuent aussi à la lutte contre la tuberculose et le paludisme.
En complément de cet investissement, une expertise technique a été fournie depuis 2 ans aux équipes inter-pays de l'OMS en Afrique (8 assistants techniques) et un soutien a été apporté à l'équipe interrégionale d'Onusida à Dakar (2 assistants techniques et 400000 euros) pour aider les pays à améliorer la préparation des dossiers et l'exécution des projets du Fonds.
Un financement innovant, la taxe de solidarité sur les billets d'avion, instaurée en juillet 2006, alimente (160 millions d’euros en 2008 - 140 millions d'euros en 2009) Unitaid, qui finance des programmes afin d'accroître l'accès et de réduire les prix de médicaments de qualité pour le traitement des 3 pandémies.
Dans le cadre multilatéral, on peut aussi citer les contributions françaises à la lutte contre le sida passant par l'Union européenne, les autres organisations des Nations unies (OMS, Onusida, Unicef, Funap) et les banques de développement.
En 2008, l’aide bilatérale totale en santé, en légère augmentation, a été de 197 millions d'euros, tous moyens confondus dont 45,2 millions d'euros consacrés à la lutte contre le sida (voir Agence française de développement). Le Groupement d’intérêt public Ensemble pour une solidarité thérapeutique hospitalière en réseau (GIP Esther), créé en 2002, est le premier opérateur bilatéral français en matière d'assistance technique dans le domaine de la lutte contre le VIH/sida et ses co-infections pour la prise en charge des personnes infectées par le VIH/sida. Le MAEE et le ministère de la Santé contribuent chacun pour 4 millions d'euros en 2009 à son budget.
Le GIP Esther est actif dans 18 pays et se compose de 52 équipes hospitalières françaises, intervenant sur 146 sites. Près de 5000 personnes ont été formées en 2008 sur une douzaine de thématiques, et près de 80000 personnes ont bénéficié d'une prise en charge de qualité. 145 associations de personnes vivant avec le VIH/sida dans 10 pays, ont bénéficié en 2009 du soutien du GIP Esther : les moyens consacrés aux associations sont en hausse de 16% entre 2007 et 2008. Le GIP Esther a également pour mission d'animer le réseau Esther Europe, aujourd'hui fort de 10 Etats membres. En France, les associations de lutte contre le sida ont joué un rôle déterminant dans la reconnaissance des droits des malades. Bon nombre d'entre-elles mènent aujourd'hui des projets de lutte contre le sida et des actions de plaidoyer à l'international.
Conscient de l'importance de l'action des ONG françaises dans l'appui de la société civile des pays en développement, le MAEE a mis en place des mécanismes de travail et de concertation réguliers avec les ONG. Il a ainsi lancé un appel à initiative "Sida" de la Mission pour les relations avec la société civile de la DGM en collaboration avec l’AFD. Conçu pour recentrer les moyens du MAEE sur des objectifs et des thématiques ciblés, l'appel à initiatives "Sida" a été élaboré en étroite concertation avec les ONG. Il vise à apporter un soutien organisationnel et institutionnel aux organisations du Sud et un soutien à ces organisations en matière de plaidoyer en développant une approche "droits de l'homme". Les thématiques et les méthodes ont été définies conjointement. Cet appel à initiative est doublé d'une stratégie ministérielle en matière de soutien aux ONG dans le cadre de la lutte contre le sida, complémentaire de l'approche technique déléguée à l'AFD. La DGM a prévu de consacrer un budget d'environ 6 millions d'euros sur 3 à 4 ans (2007-2010). A l'issue des 2 phases de l'appel, 7 projets ont été sélectionnés :
- Aides - Confédération générale des travailleurs (CGT) : mobilisation du mouvement syndical et associatif pour une politique articulée et cohérente de lutte contre le sida en milieu de travail - multi-pays : 402454 euros,
- Sidaction - Initiative et Développement - Solidarité Enfants Sida (Sol en Si) : renforcement des capacités des acteurs de la prévention et de la prise en charge du VIH/sida chez l'enfant en Afrique (projet Grandir) - multi-pays : 894000 euros,
- Handicap International – Sidaction : renforcement des initiatives locales dans la lutte contre le VIH/sida en faveur des personnes handicapées - multi-pays : 994145 euros,
- Aides - Act Up - Solidarité Sida : renforcement des acteurs de la société civile de la lutte contre le sida en matière de plaidoyer au Togo, en République démocratique du Congo, au Burkina Faso et au Cameroun - Multi-pays : 897773 euros,
- Aides – Sidaction – Association de lutte contre le sida - Maroc (ALCS) : renforcement des acteurs de la société civile de la lutte contre le sida en Afrique pour une intervention adaptée auprès des hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes - Multi-pays : 948232 euros,
- Solidarité Sida - Sida Info Service (SIS) – Mouvement français du planning familial (MFPF) - Aides - Sidaction : s'unir pour soutenir la réponse communautaire africaine dans la lutte contre le sida - Ensemble luttons contre le sida en Afrique (Elsa) - Multi-pays : 551005 euros,
- Handicap International : vers une meilleure prise en compte des populations discriminées dans la lutte contre le sida au Cambodge, Laos et Vietnam. Multi-pays : 602990 euros. La France a été pionnière dans son plaidoyer pour l'accès aux traitements comme pour la lutte contre toutes les discriminations dont souffrent les personnes vivant avec le VIH. Elle reste particulièrement attachée à ce combat.
Par ailleurs, la France, un des pays d'Europe le plus touché s'est, dès le début de la pandémie, mobilisée en faveur de la recherche. En mai 1983, une équipe française isole le virus VIH1, virus de l'immunodéficience humaine, en novembre 1985, la même équipe française isole le VIH2, et met au point un test de dépistage. La France a mobilisé, en 2009, plus de 26 millions d'euros dans la recherche sur le sida.
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