Les commentaires de Gilles Pialoux
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en 2012 réponse à JC Marie
Cher internaute : ce qui est le plus fatiguant dans vos commentaires c'est : 1) leur redondance; 2 le côté " tout compris tout su avant les autres:! " Mais bon faut faire avec...
En ce qui concerne HPTN 052 vous avez tort contre Science et contre la science. Car un essai contre " bras controle " avec une telle puissance et qui test une initiation de traitement antirétroviral qui va contre les recommandations internationales y compris OMS a un poids considérable. Même si vous avez raison sur l'étonnant - et de causes mutiples - délai séparant les études de Rakai de Quinn (Ouganda) en 2000 et l'HPTN 052 (2011). Qui plus les 96 % de réduction du risque (hétéro)sexuel dans la population de l'étude HPTN 052 sont dans le même ordre de grandeur que la méta-analyse de S Attia publiée dans AIDS deux ans auparavant. Ce qui est rassurant. Même si cela ne dit pas de combien sera la poids du Tasp, seul et combiné, dans d'autres réseaux sexuels...
Quant aux essais ICCARRE, de notre ami Leibowitch, ou de vaccinothérapie je leur souhaite de jouer dans la même cour de preuves de la charge.
Commentaire de Eric Billaud Président de la SFLS
Nous avons reçu de notre ami Eric Billaud ces quelques lignes suite à la parution sur vih.org du Rapport de la Cour des Comptes :
" La cour des comptes a remis un rapport sur la prévention en France épinglant son manque de cohérence, son manque d’évaluation et son financement inégalitaire.
En tant que professionnels impliqués dans le soin mais aussi la prévention, la Société Française de Lutte contre le Sida tient à signaler son inquiétude face aux réductions budgétaires que pourraient subir les structures en charge de la prévention et du dépistage du VIH. En effet, outre la disparition programmée de la majorité des réseaux REVIH dont une part de l’activité était centrée sur ce thème, la fusion demandée des CDAG et des CIDDIST par les rapports IGAS, par cette même cour des comptes et par la proposition de loi du Sénateur Doligé pourrait aboutir à des coupes budgétaires sous prétexte de mutualisation. Les enjeux de la prévention dans le domaine du VIH avant même la promotion du bien être sexuel, passent par le dépistage et le traitement de toutes les personnes infectées par le VIH et notamment les 40 000 qui ignorent leur séropositivité. La cour reconnait qu’il s’agit du seul dépistage en France ayant bénéficié d’une analyse cout-efficacité. C’est dans ce contexte que l’on pourra ralentir voire arrêter l’épidémie sur notre territoire métropolitain. Il s’agit d’une perspective quantifiable et dont le succès est conditionné par la mobilisation de tous les acteurs professionnels et associatifs. Celle-ci est certainement différente de la lutte contre l’alcoolisme ou contre le tabagisme qui dépend moins d’une perspective technique que politique vis-à-vis d’une économie secondaire de manufacturiers ou de distributeurs de tabac et d’alcool (En 2006, par exemple, le montant des investissements publicitaires pour les boissons alcoolisées s’est élevé à 306 M€, soit presque trois fois le budget de l’INPES).
Réduire la part de la prévention de l’infection par le VIH réduirait a néant la possibilité d’obtenir l’objectif de réduction de l’incidence de cette maladie mais aussi le dépistage et le traitement des autres ISTs.
Il est envisageable que par la nature de sa transmission le VIH soit à rapprocher de la prévention des risques liés à la sexualité dans leur globalité, et que les grossesses non désirées, les violences sexuelles, la contraception soient des thèmes auxquels les professionnels et les associations impliquées devront s’ouvrir afin d’élargir le champ d’intervention dans un contexte budgétaire contraint. Il est certain que nous avons des efforts à faire en lien avec les économistes de la santé pour valider financièrement les stratégies préventives mais aussi thérapeutiques que nous mettons en œuvre. Nous, professionnels, devrons adapter nos pratiques au contexte économique car en période de récession c’est la prévention qui est la première à pâtir du manque de moyen dans le champ de la santé, les Grecs en font l’amer expérience.Nous devons nous mobiliser et mobiliser avec nous tous les acteurs du dépistage pour montrer à la cour des comptes le bien fondé des recommandations que nous appliquons."
Dr Eric BILLAUD
Président de la Société Française de lutte contre le Sida (SFLS)
La SFLS tient ses Assises à Lyon les 4 et 5 Novembre prochain
http://www.sfls.aei.fr/journees-nationales/2011/doc/pre_programme.pdf
Précision et point de vue du rédac chef
Rappelons d’abord que cette étude est soutenue par l’Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (Anrs) et par Sidaction. Cette étude, publiée dans une revue de haut niveau, Archives of Internal Medicine, a réussi son objectif principal d’évaluer la faisabilité et l’intérêt en santé publique d’une stratégie de dépistage généralisé du VIH dans des services d’urgence d’Ile-de-France. Pour autant le Communiqué de Presse de l’ANRS et de Sidaction a au moins la clarté de replacer ces résultats dans les multiples approches de recherche qui tentent de conforter la question de santé publique qu’est l’utilité actuelle d’un dépistage généralisé en la transformant en preuve scientifique. Pour ma part, et comme déjà exprimé sur Facebook, je pense qu’on aurait tort de conclure que ces résultats vont contre le dépistage généralisé et son coût-efficacité. Les 50 000 séropositifs qui s’ignorent tels que dans la campagne INPES sont sans doute ailleurs, à commencer dans la médecine de ville. Tout d’abord parce que les urgences d’ile de France (25 % de la population) ne sont pas la France. Et aussi parce que d’autres études sont en cours ou rapportés comme l’étude de l’équipe d’Enrique Casalino, à l’IAS de Rome, avec des résultats contradictoires. Ensuite parce qu’il n’est pas dans la logique du Plan National de lutte contre le VIH & les IST 2010-2014, ni dans celle des rapports qui l’ont nourris (HAS, CNS, Rapport RDRs) d’opposer dépistage ciblé et dépistage généralisé.
Gilles Pialoux
http://public.adequatesystems.com/pub/attachment/140663/0342198894996813...
Encore quelques précisions
Juliette a raison. On peut d'ailleurs préciser que les choses sont plus complexes encore pour ce qui est du virus delta, virus rappelons le "défectif" c'est à dire qui n'existe que par la présence du virus de l'hépatite B. L'image est un peu celle du petit oiseau qui vit sur le dos du Rhinoceros... On décrit en effet des infections triples, voir quadruple, notamment chez les usagers de drogues : VIH, VHC, VHB et Delta. Et que dans le cadre de la tri-infection VIH-VHB-VHD la réplication virale du B, normalement "éteinte" par la presence du virus delta, laissant place à la réplication delta, est particuliérement anarchique selon les niveaux d'immunodépréssion. Ce qui rend plus compliqué encore le suivi virologique sous traitement. Traitement qui est lui aussi plus complexe encore et avec de moins bons résultats.
Le message clé est qu'il faut, effectivement, dépister le virus delta chez tous les porteurs du virus de l'hépatite B. Et renouveller ce dépistage quand il y a poursuite de l'exposition aux risques.
Pas si simple
Bien sur que non ! D'abord vous sous-entendez que vous avez choisi, car c'est un choix que ne font pas tous, de positionner votre niveau de prévention vis à vis du VIH de ce que dit votre partenaire. On ne sait d'ailleurs pas si c'est votre partenaire habituel ou de rencontre et si chacun à d'autres partenaires...
La réponse à votre question ne peut être que théorique et possiblement différente de ce que vous dirait par exemple le medecin de votre partenaire dans une consultation à deux , c'est que l'on nomme la "prévention positive".
Il vous dit " qu'il est séropo" " et " qu'il prend un traitement " . Mais prendre un traitement ne suffit pas. Dans les études qui ont montré une diminution drastique (92%) du risque de transmission sexuelle du VIH, éssentiellemnt chez les hétéros, il faut que le traitement soit pris de façon optimale (observance), avec une charge virale VIH dans le sang indetectable de manière durable , sans infection sexuellement transmissible (IST) par ailleurs etc ET même quand ces conditions sont réunies le risque n'est pas zéro ! Aprés à chacun de se determiner.
acknowledgment
Merci à Hélène Hazera, qui écrivait il y a peu à propos des trans " le pire pour une population c'est de n'entrer dans aucune satistique", pour ses compliements! Le document de la commission trans d'Act-Up Paris dont le RSS figure ci-dessus est aussi remarquable. Dans la même lignée avec France Lert nous avons consacré dans notre rapport RDRs un chapitre spécifique à la réduction des risques sexuels chez les trans. L'occasion de regretter ici à vih.org, comme dans le quotidien de la lutte contre le VIH, que si peu de soignant(e) soient intéressé(e)s et compétent(e)s sur la problématique spécifique des soins et de la prévention pour les trans.
Gilles Pialoux
Rédacteur en chef www.vih.org