Les carnets de Eric Fleutelot
Résister
Lorsque je marche dans la rue, ou bien dans un centre commercial en Afrique du Sud, je ne cesse de penser qu’une personne sur cinq que je croise est séropositive. Cette pensée me submerge à chaque fois que je suis en Afrique du Sud, où je me rends justement pour suivre des programmes de lutte contre le sida. C’est une pensée violente et dure, mais réelle.
Depuis dimanche dernier, je me suis mis à penser qu’une personne sur cinq que je pouvais croiser en France avait voté pour Mme Le Pen. Cela n’a rien à voir avec ma pensée solidaire d’Afrique du Sud. Et dans mon quartier, me dis-je en essayant de me rassurer, même pas 5 % des électeurs votant ont choisi le bulletin de Mme Le Pen.
Reste que presqu’une personne sur cinq qui a voté le dimanche 22 avril a choisi le Front national. Depuis, nombreux sont les responsables politiques qui essaient d’expliquer un tel vote. Les électeurs du Front national ne seraient pas ce que l’on croit : ce sont des gens en colère, des hommes et des femmes qui ont peur, gravement affectés par le chômage et la précarité économique, mais aussi par l’insécurité, etc.
Je ne peux pas croire à cela. Non pas qu’il n’y ait pas des femmes et des hommes dans cette situation parmi les électeurs de Mme Le Pen. Mais je pense qu’en essayant de comprendre le vote de cette façon, on excuse le vote qui a eu lieu. Partant, dans un processus typique des responsables politiques, et dans une condescendance injurieuse pour l’intelligence des électeurs, l’on tend à faire croire que ces derniers ne seraient pas des racistes ou des xénophobes. Or, je crois que si, justement ils le sont ; tout au moins pensent-ils, comme on veut leur faire croire, que les étrangers en France seraient la source de leurs problèmes. A l’image exacte de la propagande nazie dans les années trente qui prédisait l’amélioration des conditions de vie des Allemands lorsque les juifs auraient été discriminés, puis ensuite exterminés.
La rhétorique d’une grande partie de la droite actuelle en France reprend les schémas classiques de la stigmatisation d’une population. Mais pourquoi donc ne pourrait-on pas mettre les mots appropriés sur un vote ? Le fascisme est-il plus compréhensible, voire plus admissible s’il s’exprime par le vote de celles et ceux que nos gouvernements successifs ont laissé de côté ? Car le fascisme qui s’exprime depuis des années en France, de façon de moins en moins complexée, est un courant de pensée qui s’oppose à l’universalité des droits de l’Homme. L’exemple le plus récurrent pris par Mme Le Pen pour améliorer la prise en charge des soins de santé des citoyens français est de supprimer l’aide médicale d’Etat (AME). Cette enveloppe budgétaire de quelques dizaines de millions d’euros permet de soigner des personnes en situation irrégulière sur le territoire français. Mais jamais la suppression de cette aide ne permettrait d’améliorer la prise en charge médicale des Français, au contraire même. Toutes celles et ceux qui vivent sur le territoire français peuvent nécessiter des soins, et cela bénéficie à ces individus mais aussi à la collectivité. Cela s’appelle la santé publique. Par ailleurs, les montants affectés à l’AME sont bien trop maigres pour changer quoique ce soit dans la prise en charge médicale en France ! Seulement voilà, l’argument porte, la stigmatisation est en marche, le raisonnement est clair : pourquoi cet étranger aurait des droits que je n’ai pas ? Alors qu’en fait, l’AME est justement là pour essayer, maigrement, de compenser le fait que l’étranger en situation irrégulière en France n’a pas les mêmes droits que les Français ou que les étrangers en situation régulière.
Le refus constant de nos responsables politiques de présenter l’immigration en France comme une contribution économique importante, qui se double d’une contribution culturelle et sociale qui fait l’honneur d’un pays, lorsque celui-ci consent à être fier d’être généreux, accueillant et bienveillant, permet in fine d’accréditer la thèse selon laquelle les étrangers seraient la source de nos problèmes contemporains.
Le fascisme est bien présent ; le nier est une manière de ne pas résister à sa montée. Résister de façon indignée, bruyante, courtoise, sur des détails ou dans la rue en manifestant, peu importe, mais résister me semble est l’unique solution.
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Une taxe taxée de folie utopiste ou une taxe vertueuse ? Au G20 de décider…
Pendant des années, des économistes, des politiques, des responsables d’institutions financières ont expliqué que l’instauration d’une taxe sur les transactions financières était impossible et dangereuse. Aujourd’hui, alors que les pays les plus riches de la planète sont étranglés par le poids de leur endettement, l’idée de cette taxe semble séduire. La Commission Européenne est prête, tout comme la France, l’Allemagne, le Brésil, la Norvège ou encore l’Afrique du Sud. Ce n’est pas sans ironie que les organisations de solidarité internationale observent l’évolution des positions vis-à-vis d’une taxe qui, rien qu’en France, rapporterait 12 milliards d’euros par an et plus de 260 milliards d’euros si tous les pays du G20 la mettaient en place . Ces recettes fabuleuses s’expliquent par des taux différenciés en fonction du caractère spéculatif des échanges financiers lesquels s’élèvent à plusieurs centaines de milliards de dollars par jour : plus une transaction financière est spéculative, plus elle sera taxée. Il s’agit d’une taxe morale.
Ce n’est pas sans ironie non plus que nous avons vu évoluer les affectations possibles de cette taxe ; étrangement, lorsque nous proposions d’en affecter le produit à l’aide au développement et à la lutte contre le changement climatique, cette taxe était taxée de folie utopiste. Aujourd’hui, alors qu’il pourrait être décidé de l’affecter aux désendettements des pays riches, cette taxe semble être raisonnable, voire vertueuse !
Lorsque Sidaction, avec des dizaines d’autres ONG, a défendu cette taxe, aussi appelée Taxe Robin des bois , il s’agissait en effet de prendre aux « riches », pour donner aux « pauvres », afin d’atteindre les objectifs du millénaire pour le développement.
Très concrètement aujourd’hui, avec les conséquences d’une crise économique qui ne fait que durer, les pays riches réduisent leur aide publique au développement. Cela se paiera en millions de vies humaines que l’on ne pourra pas sauver, par exemple en ne finançant pas le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, trois maladies parmi les plus tueuses dans le monde. Sidaction est déjà témoin, dans de nombreux pays, de la baisse des ressources disponibles pour poursuivre l’élan de l’accès universel aux traitements anti-VIH.
Mais nous devons nous rendre à l’évidence, sauver des vies dans des pays à ressources limitées semble bien moins important que conserver son triple AAA… Et puis, les malades des pays pauvres ne votent pas… ou tout au moins ne votent pas pour les dirigeants des pays riches qui les ignorent ; ces mêmes dirigeants qui décidément ne parviennent pas à tenir leurs promesses années après années. Taxer la spéculation, c’est pourtant le moyen de donner au monde entier une ambition de justice dans une mondialisation qui effraie tant. Taxer la spéculation, c’est augmenter les moyens financiers de l’aide au développement tout en ne la faisant supporter par les seuls contribuables. Taxer la spéculation, c’est faisable, tout le monde en convient aujourd’hui, cela permettrait de générer des ressources prévisibles et durables. La prévisibilité des ressources est un aspect essentiel de l’aide en santé, car il faut savoir combien de malades l’on pourra décider de mettre sous traitement. Le taux envisagé sera minuscule mais appliqué à l’immensité des transactions financières quotidiennes, ce qui fait que chaque année cette taxe générera avec certitude les moyens durables et nécessaires à changer notre monde, allonger l’espérance de vie dans les pays les plus pauvres, permettre aux enseignants d’enseigner, aux médecins de soigner, etc.
Certes, les ressources financières seules ne permettront pas de changer la vie des plus pauvres, des plus malades d’entre nous sur la planète. Mais sans ces ressources, nous ne changerons pas notre monde.
Sans ironie cette fois, nous demandons une nouvelle fois aux dirigeants des pays du G20 d’oser. Aujourd’hui, le plus grand risque que pourraient prendre ces dirigeants réunis autour de M. Nicolas Sarkozy, c’est bien de ne plus prendre aucun risque. Si demain, les mêmes dirigeants lancent et mettent en place la taxe sur les transactions financières et affectent son produit aux objectifs du millénaire pour le développement, il est bien possible qu’ils soient 20 à recevoir le prix Nobel de la paix dans quelques années.
Retrouvez cet article dans le journal "Le Monde" daté du 2 novembre 2011
http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/11/02/le-g20-doit-mettre-en-pla...
SOURCES :
Taxe sur les transactions financières : mode d'emploi en France / 99 Partners Advisory (Paris, France) ; K ELOUARDIGHI ; P ARMOUDOM ; F MARTEL ; P DOUSTE-BLAZY / 2011
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27 novembre 2010 - L'Artère - Jardin des dessins - Parc de la Villette
Ceci est le discours prononcé le 27 novembre à l'occasion du temps de mémoire organisé par Sidaction, en collaboration avec le Parc de la Villette, Fabrice Hyber et Universcience. Un grand merci aux bénévoles et aux membres de l'équipe permanente de Sidaction, mobilisés sur l'Artère cette année.
En premier lieu, je souhaiterais vous dire à quel point Pierre Bergé, le président de Sidaction, regrette de ne pouvoir être avec nous aujourd’hui. Mais je sais qu’il est sage qu’il puisse se reposer au chaud. Je vous transmets également les chaleureuses pensées de Bertrand Audoin, notre directeur général. Autour du 1er décembre, Sidaction organise et est invitée à de nombreuses manifestations ou évènements et Bertrand est aujourd’hui dans le Sud de la France.
Se retrouver aujourd’hui, près de, puis sur l’Artère qu’a créé Fabrice Hyber, ce n’est pas une célébration nostalgique. Comment pourrions-nous être nostalgiques d’une période où des milliers de personnes mourraient du sida chaque année en France? Je vis ouvertement avec le VIH et je suis incommensurablement heureux de vivre aujourd’hui encore. Comme moi, vous ne pouvez que vous réjouir de la baisse année après année de la mortalité due au sida en France. Mais les morts, depuis des années, depuis qu’il y en a moins en France, on les tient éloignés.
Pourtant, on ne peut pas faire comme si la mort et le sida, c’est du passé. N’oublions pas que chaque année, on meurt du sida en France. Les média parlent souvent, et nous également, des morts du sida dans le monde. Ce n’est pas que dans le monde, c’est ici aussi, et puis, de toute façon, le monde c’est tout près, tout près de nous tous.
Dans quelques mois, l’épidémie d’infection à VIH, ce qu’on appelait l’épidémie de sida avant, aura trente ans! Une épidémie, c’est une ruse permanente. Pourquoi ? Parce qu’à chaque fois que l’on croit voir ce qui se passe, on ne fait que regarder ce qui s’est passé. Alors que l’on devrait, en fait, regarder vers demain. Se retrouver aujourd’hui, bien entendu, c’est se souvenir de ceux qui, hier, durant les trente dernières années, sont morts du sida.
Mais ce n’est pas parce que l’on regarde les morts d’hier qu’on ne doit pas voir les morts d’aujourd’hui et les morts de demain.
Les morts de demain, ce sont nos proches ou nos voisins qui seront expulsés vers un pays où ils n’auront pas accès aux soins et aux traitements. Les morts de demain, ce sont des femmes envers qui une violence inouïe se déchaine, régulièrement, socialement, partout dans le monde.
Les morts de demain, ce sont ceux que nous aimons et qui, dans des pays où être un homme ou une femme homosexuels est un crime, et où être un ou une transgenre est une abomination.
Les morts de demain auront été humiliés, sur la passerelle d’un avion ou dans un tribunal, avant que de mourir.
Les morts de demain, sont ceux que nos sociétés auront oubliés derrière les murs des prisons, croyant cruellement que les détenus sont nécessaires à la régulation sociale d’une humanité contemporaine.
Les morts de demain auront été condamnés, certainement, avant que de mourir. Les morts de demain, ce sont nos frères et nos sœurs qui n’auront plus accès aux soins ou pire encore qui auront peur d’accéder aux soins, peur d’être ruinés, peur d’être méprisés, peur d’être mal soignés.
Les morts de demain n’auront pas porté tort au droit de la propriété intellectuelle.
Les morts de demain, ce sont aussi des enfants, nos enfants parfois, qui n’auront pas eu les bonnes formulations pédiatriques, qui n’auront pas eu les bons diagnostics.
Les morts de demain n’auront même pas eu le temps d’apprendre à lire.
Les morts de demain auront vécu brièvement avec des revenus indignes, les morts de demain auront créé une richesse qu’ils auront peut-être admirée ; parfois même ils n’auront pas vraiment compris qu’elle n’était pas à partager.
Les morts de demain auront espéré avant que de mourir. Et les morts de demain auraient certainement aimé avoir accès à des seringues propres…
Les morts de demain auraient bien voulu être entendus.
Les morts de demain, comme cette année, comme les années précédentes à Sidaction mais pour vous tous également, j’en ai peur, les morts de demain seront à l’image aussi de ceux qui nous ont quitté récemment. Je me souviens d’une question d’un journaliste à un militant de la lutte contre le sida ; elle lui demandait : «mais finalement, vous n’êtes jamais content dans la lutte contre le sida». Et il avait répondu : «Ben non Madame, comment le serions-nous?».
Alors, il faut se battre, trouver les forces et l’argent nécessaire pour le combat, renouveler les méthodes, revoir nos approches, regarder demain, pour épargner des vies demain. Regarder demain pour éviter des morts demain. Faire vivre la mémoire, en conclusion, c’est combattre le VIH aujourd’hui tout en se donnant les moyens de construire jour après jour la lutte contre le sida de demain.
Eric Fleutelot - avec l'aide précieuse de Veronica Noseda et Marc Dixneuf
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A Vienne, en congrès une nouvelle fois
Du 18 au 23 juillet, une grande partie des acteurs de la lutte contre le sida sera à Vienne (Autriche) pour la 18e Conférence internationale sur le sida. A la fin de l’année 1814 et jusqu’en juin 1815, toute l’Europe se retrouvait déjà pour le fameux congrès de Vienne, à la suite de l’abdication de Napoléon 1er. Les familles régnantes d’Europe entendaient alors retrouver les frontières d’avant la Révolution française. Sans revenir sur les chaos que l’Europe traversa au début du 19e siècle, il est permis de craindre un parallèle avec la situation que nous connaissons actuellement dans la lutte contre le sida. Les dix dernières années ont montré que le progrès était possible. Aujourd’hui, certains évoquent même la possibilité d’arrêter l’épidémie. Mais aujourd’hui aussi, les dirigeants des grandes puissances du monde souhaitent mettre un frein à ces évolutions, certes imparfaites, mais qui peuvent tout de même se comptabiliser en millions de vies sauvées. Certains considèrent sans vergogne qu’on en a « déjà fait beaucoup contre le sida » ; d’autres surgissent pour réclamer des efforts sur d’autres causes, tout aussi légitimes, mais prenant ainsi le risque de générer une compétition dans les objectifs du Millénaire pour le développement. Ralentir ou freiner aujourd’hui le rythme de la lutte contre l’infection par le VIH, c’est retourner à la situation du début des années 2000, où les frontières du monde en lutte contre le sida étaient cruellement tracées : l’espoir d’une vie avec le VIH allongée dans les pays riches, la perspective d’une hécatombe dans les pays pauvres. De nombreux défis Cette 18e Conférence devrait plutôt proposer des outils afin de réduire la fracture entre « riches » et « pauvres » : une taxation des transactions financières internationales pour financer l’aide au développement, une négociation sur les coûts de la prise en charge (en particulier pour les traitements de 2e et 3e ligne, et pour la surveillance virologique), un plan d’urgence sur les ressources humaines en santé et sur la recherche sur le VIH, et un réel et immense investissement sur le respect des droits de l’homme, tant en la matière la situation ne cesse de se détériorer partout dans le monde. Pour la première fois, Sidaction est partenaire de l’International Aids Society pour cette Conférence mondiale, soutenant un satellite sur les réservoirs viraux et le programme de bourses. Par ailleurs, notre association vient d’être sélectionnée en tant que représentante de la société civile, parmi une vingtaine d’organisations candidates, pour rejoindre le comité d’organisation des conférences internationales de 2012 et de 2014. À Sidaction, nous considérons que cet honneur est avant tout la reconnaissance du travail réalisé par tous nos partenaires et par notre équipe. Dans le prochain numéro de Transversal, et durant toute la conférence sur www.sidaction.org nous reviendrons bien entendu sur Vienne 2010… Bis bald ! Éric Fleutelot, directeur général adjoint international de Sidaction http://www.sidaction.org/ewb_pages/c/conference_vienne_2010_edito.php
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Très intéressant article sur l'échange de seringues en prison en Australie (désolé, c'est en anglais...)
AIDS incubators we can do without:
OPINION: Alex Wodak From: The Australian. April 24, 2010 12:00AM
TWENTY-NINE years after the announcement of a new pandemic, the world still struggles to come to terms with HIV. Sometimes logic, rationality and compassion have prevailed in our responses, but all too often emotion has triumphed over evidence.
Earlier this month in Sydney the National Centre for HIV Social Research held its biennial conference to review responses to this infection. Former High Court judge Michael Kirby spoke about a recent meeting he attended in The Netherlands where leaders of the world's religions discussed this challenging epidemic.
Kirby described how most participants were moved by compassion for vulnerable minorities, but a few steadfastly refused to approve any declaration that acknowledged the minority groups at highest risk in the West.
One of the speakers at the Sydney conference wept while describing her two decades of hard work spent trying to achieve more humane responses to drug users. Kirby, noting her tears, rejoiced that there were some among us who still felt great passion about this epidemic at a time of growing HIV fatigue and the increasing dominance of newer concerns and threats.
The number of people in the world newly infected with HIV has started declining. But an estimated 2.7 million people are expected to get infected this year.
Complacency is a problem. When authorities in Queensland and Victoria relaxed their vigilance, decreasing education campaigns and high-level committees, it didn't take long before HIV infection rates started rising.
Given the volatility of this epidemic, wherever possible we should act decisively with effective programs.
Australia's first needle syringe programs started almost a quarter-century ago. The community owes a great debt of gratitude to the courageous politicians who took the long-term view.
Needle syringe programs have proved highly effective in cutting HIV without increasing injecting drug use. For every dollar spent, they save up to $27 in total costs.
Needle syringe programs have been endorsed by the UN and even controversial Salvation Army figure Brian Watters, former chairman of the Australian National Council on AIDS. Yet there are still critics of these programs, just as there are still sceptics who question the link between smoking and lung cancer.
One area where needle exchange programs have not been permitted in Australia is our jails. Yet if we are to experience an epidemic of HIV starting among injecting drug users and spreading to the community, chances are that's where it will begin.
Australia has more than 29,000 prisoners, with about half serving sentences for drug-related offences or having a history of injecting drug use. Half of these inmates will inject drugs while in jail.
While in the community they'd share their injecting equipment each year with an average of six people from a small social network. But in jail they'll share their injecting equipment with many more inmates every time they inject. It would not be hard for an inmate serving a one-year prison sentence to have more than 100 sharing partners drawn from diverse social, demographic and geographic networks.
Moreover, in the community needles and syringes are used only a few times. But in jail inmates use the same needle and syringe perhaps thousands of times. As the rubber plungers wear out, they're replaced by a piece carved from the sole of a thong. Jails are a very efficient -- and very expensive -- way to spread an HIV epidemic.
Why not just keep drugs out of jails? If it was as easy as that, all jails would be drug-free by now. The fact is, the more money spent on detecting drugs in jail and the more severe the penalties for drugs in jail, the higher the price and the more profitable drug trafficking into jails becomes.
Authorities don't like to admit it, but keeping drugs out of jails unfortunately is not achievable.
Jail staff are at risk, working in a correctional environment where drugs and injection equipment are available but the same prevention strategies accepted in the community are not accepted there.
This means the loved ones and families of jail staff are also at risk. Consequently, this isn't just a public health concern. It's also an important occupational health and safety issue.
Yet the prison officers' unions have been implacably opposed to jail needle exchange programs. So far no state or territory government has been willing to take them on.
The unions argue that a NSW prison officer was stabbed with a needle and syringe containing HIV-infected blood. Tragically, in 1990 prison officer Geoffrey Pearce contracted HIV and later died from this infection.
All this is true. But the missing fact is that this happened in a jail where there was no needle exchange program.
If Pearce had been stabbed in a jail with a needle exchange program, it's possible he might still be alive.
Today, 77 countries have needle exchange programs and programs are provided in more than 60 prisons in 11 countries.
The same sorts of benefits have been reported in jails as in community programs. No serious adverse complications have been reported from any jail needle exchange program.
How can Australia ensure that rationality prevails over emotions in deciding how to protect jail inmates, prison officers, their loved ones and the general community?
Alex Wodak is a physician, director of the alcohol and drug service at Sydney's St Vincents Hospital and president of the Australian Drug Law Reform Foundation.
http://www.theaustralian.com.au/news/health-science/aids-incubators-we-c...
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Discours à la clôture de la 5ème conférence francophone sur le VIH-sida
voici le texte intégral que j'avais préparé pour cette clôture.
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Quand un avion d'Air France rend hommage à la lutte contre le sida
Très nombreux sont ceux qui portent un ruban rouge, pour marquer leur solidarité vis à vis des personnes vivant avec le VIH, leur attachement à la lutte contre le sida, mais aussi parfois pour faciliter la négociation du préservatif.
Le ruban rouge est devenu un signe reconnu dans tous les pays du monde.
Un salarié d'Air France a très gentiment fait parvenir à Sidaction, récemment, cette photo où l'on voit le système de navigation "geovision" rendre compte d'une boucle qu'aurait fait l'avion, formant ainsi un ruban rouge !
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