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La prophylaxie pré-exposition : Une prévention comme une autre ?

De nouvelles stratégies sont actuellement à l'étude en termes de prévention du VIH. L'une d'entre elle, la « prophylaxie pré-exposition », ou PrEP, consiste à donner, dans des populations à haut risque, une association d'antirétroviraux pour les protéger de l'infection par le VIH en cas d'exposition.

Si les premiers retours semblent montrer que ce n'est pas pour demain (voir notre article : La prophylaxie pré-exposition: quelle efficacité pour quel coût?), il convient de réfléchir aux implications de cette stratégie.

Si on peut la rapprocher de la stratégie adoptée lorsqu'on traite les nouveaux-nés afin de les protéger de la transmission mère-enfant, la PrEP fait déjà débat.

Qu'en pensez-vous?

Les réactions

le plus surprenant est votre surprise !

capote ou médocs ?

médocs, bien sûr !

Il n'y a que les médecins ou les "préventifs" pour ne pas comprendre que leurs préoccupations nous sont non pas étrangères ou ignorées, mais secondaires.

Il n'y a pas que la santé ni la sexualité d'ailleurs qui sont en cause , ici. ( à l'adresse des psys qui sont un peu moins limités que les médecins et les préventionnistes , mais limités quand même par le champ restreint "professionnel" de leur vision.

Les médecins ne sont que des

Les médecins ne sont que des abrutis qui sont là pour vous brimer. Ils ont des actions chez les fabricants de préservatifs forcément c'est la seule explication. Vous représentez exactement le séropositif qui fait peur.
Car vous n'avez aucun respect pour la vie ! Tout simplement parce ce que vous refusez d'utiliser un bout de latex. Quand je pense à toute l'énergie déployée par des chercheurs et des médecins pour vous permettre de vous soigner, j'ai honte à votre place.
Une séropositive qui ne vous ressemble pas et qui en est fière

Sur le choix des médocs

Bonjour !
Je voudrais juste poser une question sur le choix des médicaments envisagé.
L'on connaît les effets secondaires redoutables possibles du ténofovir, notamment sur la fonction renale. Il me semble bien que plusieurs médecins s'étaient à ce sujet prononcés contre l'utilisation de ce médoc en première intention.
Le revoici donc à la "une"...
A-t-on des infos sur ce qui "justifie" ce choix autre que le financement possible des premières études par le labo qui fabrique le médoc en question ?
Merci

La prophilaxie pré-exposition

Salut cher Charles, merci pour votre sujet sur la PrEP, je peux vous rassurer que je n'ai pas encore lu un document à ce sujet, mais selon moi, s'il faut l'appliquer à une population où allons nous trouver les médicaments? Comment cela se fera t il? Faudra t il mettre toute une population sous traitement à vie? Je pourrais mieux réagir lorsque je lirai un document à ce sujet. Merci pour ce sujet qui me fait réfléchir et je te partagerai ma réflexion prochainement.

la présophobie et la prise de méocs anticipés

Quand, sur un site comme Séronet on lit des témoignages de séronautes assimilant le port du préservatif
à "mettre sa bite dans un bunker", on se dit que la gêne que certains pourraient ressentir (par exemple ceux qui bandent mou) devant le préservatif a pris une tournure ahurissante, irrationelle.

Moi qui prend des traitement journaliers je trouve invraissemblable que certains préfèrent prendre des traitements lourds (et qui ne les protégeront pas du VHC, des gonorhées, de la syphilis) plutôt que de se mettre un demi milimétre de caoutchouc sur le membre.

Je ne nie pas que c'est une réalité, cette psychose anti-capote, une psychose en passe de devenir collective, mais je crois que c'est une psychose contre laquelle il faut se battre, comme les vétérans du Sida se sont battus contre les dénialistes du début de l'épidémie. C'est une réalité qu'il faut entériner, mais je ne pense pas pas pour autant que la complaisance
soit la bonne réponse, surtout vers les populations pas encore infectées.

Quel chercheur va se mettre à travailler dans ce domaine.? Il existe un magnifique corpus: la prose de JCM, l'idéologue du bareback sur internet. Un vrai objet d'étude.

Des limites de l'approche coût efficacité en la matière

Il me semble que la seule question du coût efficacité des PrEPs est particulièrement réductrice. Comment pourrions-nous accepter qu'un moyen réellement efficace pour éviter une contamination du VIH ne soit pas rendu disponible?

Mais le problème avec les PrEPs me paraît plutôt résider dans la question de leur efficacité partielle. A moins d'une bonne surprise, on table actuellement sur une réduction de 60% du taux de transmission.

Alors, comment considérer l'intérêt d'une telle stratégie? Comment transposer l'effet en population en terme de risque individuel? La réduction de la transmissions intervient-elle indépendamment d'autres cofacteurs (ist, susceptibilité, niveau de la Charge virale, etc.)?

Quelles seraient les conséquences en terme de modifications des comportements à l'égard du préservatif dans la communauté gay où le risque est plus important qu'ailleurs (20% de séroprévalence) ? Comment concilier le maintient de l'usage du préservatif et les PrEPs pour en faire un mieux dans la lutte contre l'épidémie chez les gays plutôt qu'un mal ?

Car prétendre qu'il pourrait simplement s'agir d'une réponse destinée à des situations particulières paraît assez naïf. L'épidémie de VIH est d'abord un phénomène collectif.

Une grosse attente

Bonnes questions, Xavier.

Ce qui me surprends personnellement, c'est le pourcentage de gens interrogés qui sont prêts à prendre des médocs plutôt qu'à mettre des capotes.

D'autre part, Je ne pense pas qu'il s'agisse de ne pas promouvoir la capote, mais de toucher des populations qui bloquent sur la capote.

Enfin, l'autre question est celle des laboratoires. Sans vouloir voir le mal partout, mettre tout le monde sous traitement, même les bien portants, ça ressemble un peu trop à un scénario idéal pour laboratoire.

Plusieurs

Plusieurs remarques/questions:
- Il s'agit d'un traitement de 3 jours, c'est bien ça? Qui "immunise" combien de temps? Autrement dit, il faut avoir prévu à l'avance d'avoir des rapports non protégés. Pas très pratique.
- Gros risque pour la criminalisation. Je vois déjà le tableau: "il m'avait dit qu'il prenait un traitement!"
- Comme Hélène sur Facebook***, je trouve que c'est vraiment beaucoup d'efforts déployés pour ne pas avoir à promouvoir la capote... On peut toujours réfléchir à autre chose, ça n'engage à rien (sauf quelques financements).
- Les raisons qui conduisent les gens à ne pas mettre de capote ne seront-elles pas les mêmes qui conduiront les gens à ne pas ou mal prendre un Prep? En clair, n'est on pas en train de travailler sur les symptômes plutôt que les causes?

*** NOTE DU MODERATEUR : la discussion avait commencé sur Facebook, venez voir la page de Vih.org : http://www.facebook.com/pages/Vihorg/43160904462?ref=nf