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Prévention

PrEP: Lancement de la phase pilote de l'essai ANRS Ipergay

L'Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites (ANRS) annonce ce jeudi 4 janvier le lancement du premier essai de prévention pré-exposition du VIH pour les gays en France. L’essai ANRS IPERGAY ( pour : Intervention Préventive de l'Exposition aux Risques avec et pour les Gays) qui entend déterminer si un traitement antirétroviral, associé à une stratégie globale et renforcée de prévention, peut réduire le risque, chez les HSH séronégatifs  d’être infectés par le VIH.

L’essai démarrera en Janvier 2012. Sa phase pilote, qui devrait se dérouler jusqu’à juin 2012, permettra en particulier de déterminer si cet essai est adapté aux besoins de la communauté gay, et donc de juger de sa faisabilité. Il se déroulera à Paris (Hôpital Saint-Louis, Pr. Jean-Michel Molina; Hôpital Tenon, Pr. Gilles Pialoux), Lyon (Hôpital de la Croix-Rousse, Dr. Laurent Cotte). Il sera mené ultérieurement au Québec, à Montréal (CHUM Hôpital Hôtel Dieu, Dr. Cécile Tremblay) et sans doute dans d'autre pays en Europe. L'essai concernera 300 volontaires dans la phase pilote (sur 1900 pour la totalité de l’essai).

Pour la campagne de recrutement qui se déclinera à partir de mi-janvier sur le thème «Moi, je suis Ipergay. Et vous?», quatre hommes ont accepté, bénévolement, de prêter leurs visages. Flyers, affiches et bannières web déclineront le message. Les personnes intéressées seront invitées à consulter le site d’information www.ipergay.fr pour en savoir plus sur la prévention, la PrEP et l’essai ANRS IPERGAY et à appeler Sida Info Service (0800 840 800 de 8h à 23h, appel gratuit et anonyme ou sur le web : www.sida-info-service.org).

D’autres essais, comme Partners/PrEP et TDF2, ont également démontré chez les hétérosexuels, que la Prep pouvait constituer une approche pour prévenir la contamination par le VIH chez des personnes exposées. Pour le Pr Gilles Pialoux (Hôpital Tenon), co-responsable de l’essai ANRS IPERGAY et rédacteur en chef de Vih.org, «Ces résultats confortent la nécessité de poursuivre la recherche sur la Prep, dans les groupes les plus exposés (...) La preuve de l’efficacité de la Prep pour les HSH européens manque toujours à ce jour».

Des réticences

Ce projet d'essai a soulevé quelques réticences dans la communauté homosexuelle et les associations de lutte contre le sida, qui veulent s'assurer que les participants ne soient pas exposés à un risque plus grand de contamination et surtout, que les éventuels comportements de désinhibition seront pris en compte. (Lire à ce sujet PrEP : Médecins et militants débattent d’Ipergay)

La présence d'un bras placebo dans l'essai est également au coeur des discussions : Une partie des participants ne recevra pas de traitement. Selon le Pr Jean-Michel Molina (Université de Paris 7 Diderot et Hôpital Saint-Louis), responsable scientifique de l'essai ANRS IPERGAY, «l'essai de référence pour les HSH, iPrEx, était un essai randomisé contre placebo. Il n'a montré qu'une efficacité somme toute limitée de Truvada® en prévention et ne peut donc constituer une stratégie recommandée pour les HSH». Il ajoute: «Un essai avec un groupe placebo se justifie pleinement dans ce contexte d'incertitude.»

Pour les instigateurs, cette stratégie permet également de mettre l'accent sur l'importance pour les volontaires de maintenir ou de renforcer leur recours à une prévention plus "classique", afin de limiter au maximum les risques d'infection par le VIH. Pour Jean-Michel Molina, «cette stratégie dite d'essai en double aveugle d'un traitement contre placebo devrait donc limiter les comportements de désinhibition dans les deux groupes de l'essai».

L'ANRS s'attache en tout cas à communiquer amplement sur cette première, dans un communiqué de presse assez complet, disponible sur Vih.org.

Commentaires

Cohortes mal choisies

Je suis très intéressé parce que mon ami est séronégatif, et si avec moi il ne met pas de capote, il n'en met pas non plus avec d'autres personnes dont nous ignorons parfois le statut. bref, il risque de contracter le VIH, même s'il s'en fout. Moi je ne m'en fous pas autant parce que tant qu'il reste séronégatif, cela accrédite que ma basse charge virale est efficace pour le protéger, et je n'ai pas envie qu'une contamination extérieure à notre couple empeche d'en faire la preuve . Donc, s'il peut bénéficier de l'essai, ce sera mieux car cela achève la panoplie des protections qui nous conviennent, nous ne mettrons jamais la capote.
Donc, je me suis inscrit il y a dejà un bon mois pour recevoir les infos.

Contacter sida info service : hors de question, ils m'ont banni de leur forum il y a 6 ans, parce que ce sont des connards absolus qui censurent sur le fond malgré le respect de toutes les règles de conduite de politesse etc...et ne m'ont pas réautorisé depuis. La détestation de cette instance par les gens auxquels on s'adresse avec cet essai n'est manifestement pas prise en compte. Je ne suis pas le seul à ne plus supporter du tout sida info service et son "service" exceptionnel aux personnes concernées. j'attends de les voir en taule pour l'occultation organisée du TASP et c'est tout, en aucun je n'irai leur demander de l'aide, même pour l'essai IPERGAY

On peut vraiment remarquer à quel point on limite la validité d'un essai de ce genre en voulant limiter les phénomènes de déshinibition aux méthodes classiques de prévention : il serait un peu plus malin de faire l'étude avec les seules personnes déjà complètement déshinibées et qui ne mettent plus du tout de capote depuis longtemps. On aurait des chiffres bien plus significatifs, avec en plus un effet de faire bénéficier en priorité les gens les plus exposés. Il ferait beau voir qu'on remette en cause la distribution de traitements préventifs pour cause de déshinibition. De toutes façons, ce n'est pas Ipergay qui est la cause de la déshinibition : celle ci est un but prioritaire pour les gens qui ne mettent pas de la capote : c'est sur eux qu'il faut tester, en ne se souciant aucunement des fausses préoccupations de M Molina . Alors fonçons. médecins, débarassez une fois pour toutes de ces lobbys qui vous freinent depuis des années, ils sont à votre merci.

Maintenant, Monsieur Pialloux, vous pouvez continuer à croire que c'est à cause des gens comme moi que vos essais sont freinés, la déshinibition est inexorable, rapide, la seule variable influençable est le dépistage et la prise de traitements. 10 ans de perdus déjà, bien plus que les 2 annoncés avec l'essai TASP de 2010, ou ceux de 2008, mais bien avec ceux de 2000.

Les dégats causés à la prévention française par les affaires de procès qui éloignent du dépistage ( et avec nos avertissements contre ses dangers pour les causes citées ), les atermoiements à divulguer en France les effets TASP valables pour TOUTES les populations et vous le savez bien sinon pourquoi cet essai IPERGAY, malgré l'excuse de l'absence de preuve pure scientifique pour les gays , font bien plus de dégats immédiats que les bénéfices éventuels et très relatifs de Ipergay, qui ne serviront plus à rien si ICCARRE ou le vaccin thérapeutique aboutissent rapidement comme on peut l'espérer.

Un simple questionnement.

Prendre un ARV comme moyen de prévention chez certains est-il une bonne piste de recherche ou non.

Des scientifiques se penchent sur la question, avec des arguments, des essais. Je m'interroge, sans juger, sans vraiment pouvoir comprendre la portée de cette nouvelle stratégie.
Je ne peux donner qu'un avis, qui n'est pas celui d'un scientifique, mais d'une personne vivant avec le vih depuis 96. Les campagnes de prévention menées par les Associations depuis tant d'années ne parviennent pas vraiment à réduire les prises de risques. Chez certaines catégories de personnes, les comportements à risques sont connus, avec des arguments légitimes ou non. Les comportements bare back entre personnes séropositives ou non sont également connus. Certains milieux sont à très haut risque de contamination du vih...mais aussi d'autres ist, des hépatites.
Le nombre de porteurs hiv coinfectés également au virus de l'hépatite c augmente également.

Si devenir séropositif en 2012 semble ne plus faire peur, il faut aussi rappeler qu'être séropositif n'est pas si facile. Même si les traitements sont allégés ; sur n'importe quel forum réservé aux personnes séropositives, de nombreux témoignages illustrent divers aspects bien réels de la vie d'une personne séropositive (suivi médical, prise éventuelle d'une trithérapie avec effets secondaires potentiels, exposition à certaines discriminations, problèmes psychologiques associés, précarité de certains).

Cet essai de prévention via des ARV est certainement une piste légitime dans certains cas. Je ne la comprends cependant pas...Comment vont être gérées les prises de Truvada chez des personnes s'exposant systématiquement au hiv ? Comment aussi ne pas se poser la question de la transmission des autres ist, je reviens sur les hépatites c (qu'on semble banaliser).

J'en viens à me demander s'il faut être soi même séropositif et prendre une trithérapie pour réaliser les bienfaits des traitements mais aussi leur toxicité, leurs impacts psychologiques. Prendre une trithérapie après une infection au vih donne une autre dimension au virus, prendre un ARV avant une infection ne donnera-t-il pas aussi une autre dimension au virus ? Sur quel terrain s'aventure-t-on ? Les trithérapies ont banalisé bien des aspects de la séropositivité, les thérapies sont aussi souvent banalisées.

La prise de Truvada (seule?) ou en combinaison avec un autre ARV..., en prévention.
Ces molécules donnent assez vite certains effets secondaires connus (dire que de telles molécules ne donnent jamais d'effets secondaires serait faux).Les traitements demandent une adaptation du corps, ces prises préventives ne demandent-elles aucune adaptation au corps ? On déconseille fortement aux personnes séropositives traitées d'interrompre la trithérapie (les fenêtres thérapeutiques ne sont plus d'actualité) : des études ont montré, par exemple, une augmentation du risque cardiovasculaire lors d'interruptions, mais nous sommes dans le cadre de traitements curatifs.
Dans ces essais, cadre préventif et non curatif, n'expose-t-on pas également le corps à d'autres risques ? En cas de contamination, ce style de prévention a-t-elle un impact sur des résistances aux trithérapies ?

Ma compréhension de ce nouveau mode de prévention me laisse avec de nombreuses questions d'ordre médical, d'indications, de suivi médical.

Je sais trop le prix de la pleine santé pour être curieux du résultat de ce mode de prévention...le hiv est un problème de santé publique. Les Etats Unis ont-ils effectué de tels types de recherches ?
Les nouvelles statégies thérapeutiques sont lentes malgré les efforts des scientifiques (je pense maintenant aux thérapies géniques), je comprends donc que d'autres pistes de prévention préoccupent nos responsables.

l'observance

Je pense que l'essai va être parasité par des phénomènes de non observance , lié au climat préventif négatif contre les barebackers, donc modulable avec la disparition d'un certain type de propagande, et qu'il faudra retraiter les chiffres pour mesurer également l'efficacité auprès des seuls individus qui se seront compliés à une parfaite observance.