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Plan national VIH/sida 2010-2014

Prévention combinée... à l'échelon collectif ou individuel?

L'affaire semble entendue: pour une lutte efficace contre le sida, il faut désormais utiliser tous les outils de prévention disponibles (préservatif, dépistage, traitement comme prévention...). Pourtant, cette notion de prévention combinée, qui est au cœur de la nouvelle stratégie énoncée dans le Plan national, peut être source de malentendus voire de dérives, selon la façon dont elle est interprétée aux niveaux collectif versus individuel.

Cet article fait partie du Transcriptases n°145, consacré au Plan national de lutte contre le sida français 2010-2014.

Ces deux niveaux, il ne faut en aucun cas les confondre. L'avis du Conseil national du sida et le rapport de la Mission Lert-Pialoux insistent sur la nécessité de concevoir des stratégies de santé publique combinant tous les outils disponibles pour s'adapter à la diversité des besoins individuels de chacun. Ils soulignent aussi que la prévention combinée n'est pas la superposition systématique de l'ensemble des outils, mais l'utilisation d'autant d'outils que nécessaires dans le cadre de l'élaboration d'une stratégie de prévention individuelle.
Dans cette boîte à outils soutenue par les politiques publiques, il s'agit pour chaque personne d'utiliser l'outil qui à un temps « t », dans une situation « s » et avec un partenaire « p » convient le mieux à ses besoins, redonnant à chacun une maîtrise de la prévention, plus de pouvoir de décision et d'autonomie - des valeurs qui sont le fondement de la lutte contre le sida - tant aux personnes vivant avec le VIH qu'aux populations les plus exposées.

Le Plan national, s'il a intégré la notion de politique de santé publique basée sur une complémentarité des outils, semble la transposer telle quelle à l'échelon individuel, soulignant par exemple p. 27 que « la recommandation pour les PVVIH, avec les partenaires occasionnels, en particulier dans les relations HSH [est celle] du maintien du recours systématique au préservatif combiné éventuellement avec un traitement efficace ».

On le voit, le traitement comme prévention ne semble être considéré dans le Plan que dans son intérêt collectif (limiter l'épidémie) alors que son intérêt individuel (améliorer la qualité de vie sexuelle des personnes vivant avec le VIH) est négligé.

Alors, que répondre à la question qui anime tant de débats, « préservatif OU traitement », ou « préservatif ET traitement » ? De fait, après une information complète et basée sur des preuves scientifiques, assurant les conditions d'une décision éclairée, c'est à la personne que revient le choix de combiner plusieurs de ces outils ou d'en utiliser un seul. Aux différents acteurs de prévention de se rappeler que si l'addition permet d'obtenir une efficacité maximale, à défaut des deux, un seul c'est déjà pas mal.

Commentaires

pas clair

Donc ça veut dire que si mon partenaire me dit qu'il est séropo et qu'il prend un traitement je peux l'enculer sans capote ?

Pas si simple

Bien sur que non ! D'abord vous sous-entendez que vous avez choisi, car c'est un choix que ne font pas tous, de positionner votre niveau de prévention vis à vis du VIH de ce que dit votre partenaire. On ne sait d'ailleurs pas si c'est votre partenaire habituel ou de rencontre et si chacun à d'autres partenaires...
La réponse à votre question ne peut être que théorique et possiblement différente de ce que vous dirait par exemple le medecin de votre partenaire dans une consultation à deux , c'est que l'on nomme la "prévention positive".
Il vous dit " qu'il est séropo" " et " qu'il prend un traitement " . Mais prendre un traitement ne suffit pas. Dans les études qui ont montré une diminution drastique (92%) du risque de transmission sexuelle du VIH, éssentiellemnt chez les hétéros, il faut que le traitement soit pris de façon optimale (observance), avec une charge virale VIH dans le sang indetectable de manière durable , sans infection sexuellement transmissible (IST) par ailleurs etc ET même quand ces conditions sont réunies le risque n'est pas zéro ! Aprés à chacun de se determiner.

pas plus avancé

effectivement ce n'est pas si simple et je ne suis pas beaucoup plus avancé. ça fait beaucoup de choses à prendre en comptes; et s'il faut aller chez le médecin avec ses partenaires avant de baiser...
Et pourquoi essentiellement chez les hétéros ? ça change quoi ?