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Vienne 2010

Une épidémie explosive chez les gays

À Mexico, les activistes et les experts avaient révélé une épidémie négligée, celle qui touche les homosexuels dans les pays du Sud. Deux ans plus tard, la situation est toujours aussi explosive. Mais malheureusement, on peut regretter que seulement 2% des communications de la conférence de Vienne soient consacrées à l'épidémie chez les homos.

Une étude du John Hopkins Hospital et de la Banque mondiale montre des taux de prévalence du VIH élevés, avec notamment 21,4% au Malawi, 13,8% au Pérou. On distingue trois situations: l'épidémie continue dans les pays à revenu faible ou moyen, elle redémarre dans les pays riches, et on met à jour de nouvelles épidémies dans des régions où il n'existait précédemment aucune donnée.

Mardi 20 juillet, une session était consacrée aux chiffres de l'épidémie chez les gays. À Bangkok, en Thaïlande, où l'homosexualité est légale, comme à Kampala, la capitale de l'Ouganda, où elle est criminalisée, la prévalence du VIH chez les gays est très élevée (près de 30% en 2007 à Bangkok et 14% à Kampala). À Bangkok comme à Kampala, le risque d'être séropositif est associé avec l'âge. Et à Kampala, les gays qui ont subi des agressions homophobes ont cinq fois plus de risques d'être infectés par le VIH que ceux qui n'ont pas subi de violence.

Mettre fin aux discriminations

Pour les experts réunis à Vienne, les choses sont claires: on ne pourra lutter efficacement contre le sida chez les HSH (hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes) que si l'on met fin aux discriminations qui les affectent. La criminalisation de l'homosexualité, telle qu'elle est pratiquée dans près de 80 pays dans le monde, rend très difficile le travail de prévention, de soutien et de soins auprès de cette population. La même étude révèle des aspects méconnus de la lutte contre le sida: mener des actions de prévention et de soins en direction des gays peut avoir un impact sur l'épidémie dans la population générale.

Le dépistage, encore et toujours

À Sydney, le chercheur Fengyi Jin, s'appuyant sur les résultats de la cohorte HIM, a pu affirmer que malgré les trithérapies, les chiffres de séroconversion ne sont pas très différents ente la période pré-trithérapie et la période actuelle. Selon Fengyi Jin, ces chiffres illustrent l'importance de la primo-infection dans la poursuite de la dynamique de l'épidémie chez les gays. Les chercheurs ont également souligné que de nombreux gays séropositifs ne connaissaient pas leur statut. D'où l'importance de marteler encore et toujours le même message: dépistez-vous!

Commentaires

Comme remarqué par ailleurs

akrobat | Publié aujourd'hui à 16h09 (il y a 41 minutes)
L’autre problème, c’est que la primoinfection est difficile à dépister. Donc c’est non seulement dépistez-vous mais protégez-vous !

Le seul moyen de tirer parti de l’intérêt des traitements pour réduire l’épidémie c’est de maintenir un fort niveau de protection.

Heart Shapped Pepper, oui oui : on ne remerciera jamais autant Bachelot de n’avoir rien fait depuis qu’elle est au ministère de la santé. Plus de 3 ans qu’elle est sollicitée par TOUS pour mettre en place une politique renforcée de dépistage et qu’elle ne fait RIEN.

On aurait vraiment tort de ne pas l’écouter !

akrobat | Publié aujourd'hui à 16h14 (il y a 36 minutes)
au fait :

Ce que dit Fengyi ce n’est pas que les chiffres de séroconversion ne sont pas très différents avant ou après les trithérapies. C’est que d’après ses résultats, le risque de transmission lors d’un rapport non protégé n’a pas changé avec les trithérapies chez les gays.

Nuance de taille !
Plusieurs hypothèses sont avancées pour l’expliquer comme le rôle des primo-infections, en effet, mais également l’augmentation des IST ou le moindre impact du traitement sur la transmission sexuelle du VIH par voie rectale.