Europe / Etats-Unis
Mortalité des PvVIH au Nord:
la moitié des décès ne sont pas dus au sida
Chez les personnes vivant avec le VIH ayant débuté un traitement antirétroviral entre 1996 et 2006 en Europe ou en Amérique du Nord, la moitié des morts sont attribuées à des causes non liées à l'infection à VIH. C'est la conclusion de l'analyse de treize cohortes par l'Antiretroviral Therapy Cohort Collaboration, dont les résultats sont publiés dans Clinical Infectious Diseases. La proportion des morts dues au sida décroît avec l'allongement de la durée du traitement.
L'Antiretroviral Therapy Cohort Collaboration a travaillé à partir d'un corpus de 39 272 personnes atteintes, réparties dans treize cohortes en Amérique du Nord et en Europe. Ces personnes avaient démarré un traitement antirétroviral (ART) entre 1996 et 2006. Les chercheurs sont parvenus à déterminer la cause de la mort pour 1597 des 1876 personnes décédées, soit 85 %. Le sida est responsable de près de la moitié des décès mais l'ensemble des causes non liées au VIH en expliquent plus de la moitié. L'étude s'interroge néanmoins sur les liens possibles entre ces pathologies et le VIH.
792 morts (49,5%) sont directement dues au sida; 189 (11,8%) à des cancers non liés au VIH; 131 (8,2%) à des infections non liées au VIH; 124 (7,7%) sont en lien avec des violences et/ou l'usage de drogues; 113 (7,0%) sont dues à des pathologies hépatiques et 103 (6,5%) à des maladies cardiovasculaires.
Les valeurs de la charge virale et du taux de lymphocytes T CD4+ à l'initiation du traitement jouent un rôle important. Les personnes infectées par usage de drogue injectable ont six fois plus de risques de mourir d'atteintes hépatiques que les personnes infectées par d'autres modes de transmission, et cinq fois plus de risques de mourir d'affections respiratoires.
> Causes of death in HIV-1-infected patients treated with antiretroviral therapy, 1996-2006: collaborative analysis of 13 HIV cohort studies (abstract) / The Antiretroviral Therapy Cohort Collaboration. - Clinical Infectious Diseases, vol. 50, n° 10, 15 mai 2010. - Pp. 1387-1396.
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Commentaires
Contresens ou mauvaise lecture de l'article ?
"la moitié des morts sont attribuées à des causes non liées à l'infection à VIH."
"Le sida est responsable de près de la moitié des décès mais l'ensemble des causes non liées au VIH en expliquent plus de la moitié."
Peut-on réellement affirmer que les décès liés à des pathologies hépatiques, des maladies cardiovasculaires ou des cancers non classant sida n'aient aucun rapport avec le VIH quand on connaît les complications liées à leur prise en charge en présence du VIH et l'augmentation de leur incidence en présence de l'infection ?
Cette question est développée dès l'introduction de l'article original et occupe les 2/3 de la discussion.
Il me semble que votre formulation est erronée. S'agit-il d'une mauvaise compréhension de l'article original ou d'une absence de lecture de sa version intégrale ?
Cela mérite pour le moins une correction.
Cordialement
Merci de cet éclairage
Bonjour Emmanuel,
C'est effectivement un bon point que tu soulèves.
Merci de cette précision, nous l'ajoutons à l'article.