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Rapport

Politique de lutte contre le sida:
La Cour des comptes critique

Le rapport annuel de la Cour des comptes, publié le 9 février 2010, se révèle très critique envers la politique publique de lutte contre le VIH/sida.

Dans un chapitre argumenté intitulé La politique de lutte contre le sida (PDF, 214Ko), la Cour des comptes appelle à une meilleure gestion des ressources allouées à la réponse à l'épidémie et regrette un pilotage trop faible de la part du Ministère de la Santé. 

La prise en charge sanitaire

«Le VIH/sida met, chaque année, entre 80 M€ et 90 M€ de dépenses supplémentaires à la charge de l'assurance maladie.»

«L'augmentation continue du nombre de personnes vivant avec le VIH, les contraintes très strictes des traitements et les facteurs multiples de dégradation de l'état de santé des personnes atteintes suscitent des besoins croissants de prise en charge sanitaire et sociale, qui peinent à être assurés.»

«Tous les établissements hospitaliers sont rattachés à un COREVIH. La composition de ces comités vise le décloisonnement de l'hôpital en direction de la médecine de ville et des établissements médico-sociaux. Leur mise en place est trop récente pour autoriser une appréciation de leurs résultats.»

La Cour des comptes rappelle que le poids financier de ce poste, selon les nouvelles recommandations de traitement qui préconisent une mise sous ARV plus précoce, est destiné à augmenter dans les années à venir. 

La prévention et le dépistage

«En France, de manière générale, la prévention et le dépistage des pathologies sont dotés de moyens très faibles au regard des ressources consacrées à la prise en charge sanitaire. Si la lutte contre le VIH/sida bénéfice de moyens humains et financiers plus conséquents que d'autres pathologies ou risques, ces moyens restent cependant limités. De surcroît, ils ne sont pas employés de manière optimale.»

«Pour 2008, le montant des dépenses de prévention consacrées au VIH/sida peut être estimé à environ 54 M€.»

«En 2008, les 352 CDAG1, qui ont effectué 12 % des dépistages, auraient coûté 34 M€ à l'assurance maladie. Mais l'activité de dépistage effectuée en dehors des CDAG et les financements publics qui lui sont consacrés sont mal connus par le ministère de la santé.»

«Afin d'infléchir le cours de l'épidémie, les acteurs publics doivent désormais renforcer la prévention et le dépistage.»

La cour des comptes met l'accent sur l'importance du renforcement de la prévention, à l'heure où la perception de la maladie a évoluée de maladie mortelle à maladie chronique. Le rapport souligne l'intérêt de la représentation des groupes plus atteints dans les campagnes grand public, mais regrette la relative absence des messages de prévention impliquant les personnes vivant avec le VIH. 

Le dispositif de dépistage doit aussi être amélioré «de manière substantielle», en généralisant celui-ci dans un cadre volontaire. Le rapport propose de fusionner les structures de dépistage anonyme et gratuit du VIH (Centre de dépistage anonymes et gratuits, CDAG) et des IST (dispensaires antivénériens, DAV), comme le préconisait le rapport 2008 du groupe d'experts sur la prise en charge médicale des personnes infectées par le VIH.

Le manque de pilotage

«(Le ministère de la santé) paraît disposer de leviers insuffisants à l'égard des ministères particulièrement concernés par l'effort de prévention (éducation nationale, intérieur et justice notamment).»

«Le ministère de la santé peine à affirmer une stratégie de santé publique autonome.» 

«Malgré la dissolution de l'AFLS, les associations, notamment Aides,  exercent une influence souvent déterminante sur les orientations de la politique de lutte contre le VIH/sida.» 

«Parfois, le ministère de la santé paraît plus jouer le rôle d'un arbitre des débats entre associations, que celui d'un décideur d'orientations publiques.»

« Les plans régionaux de santé publique (PRSP) des neuf régions prioritaires au regard des données épidémiologiques comportent tous des volets relatifs au VIH/sida, les PRSP de dix régions, dont quatre régions prioritaires (Rhône Alpes, Languedoc Roussillon, Guadeloupe et Guyane) ne prévoient pas expressément d'actions en direction des homosexuels".»

C'est dans cette partie que les critiques du rapport sont les plus appuyées. La politique du ministère «manque de continuité», au niveau national, mais également au niveau régional. Le rapport recommande à ce sujet d'«améliorer la connaissance par le ministère de la santé des actions de prévention et d'accompagnement subventionnées au niveau local par les groupements régionaux de santé publique, dont les missions seront reprises en 2010 par les agences régionales de santé»

Les établissements de rencontres

«Les établissements commerciaux qui accueillent des activités sexuelles licites entre leurs clients représentent un enjeu majeur pour la prévention de la transmission du VIH.»

«Ces établissements ne sont pas régis par une réglementation sanitaire qui imposerait à leurs exploitants d'inciter leurs clients à protéger leurs partenaires lors de rapports sexuels se déroulant dans leurs locaux ni, a fortiori, de sanctionner par une exclusion l'absence de respect des consignes de prévention.»

«L'autorité sanitaire est dépourvue de tout moyen d'action à l'égard des établissements qui s'abstiennent de toute démarche de prévention des risques liés à la sexualité. Même dans l'éventualité où un établissement ferait ou laisserait faire l'apologie de prises de risques, il ne pourrait lui être enjoint d'y mettre un terme.»

En proposant d'«instaurer une réglementation sanitaire des établissements de rencontre», la Cour des comptes ouvre une discussion qui s'annonce mouvementée: la responsabilité des établissements face à leurs clients. Dans les établissements gays, la charte de responsabilité du Syndicat nationale des entreprises gaies (Sneg) existant actuellement n'est pas contraignante.

Un rapport attendu

Le rapport de la Cours des compte est chaque année très attendu. Outre un bilan des finances publiques de la France, le texte a toujours pour objectif, «de rendre compte de la qualité de la gestion des deniers publics».

Il apparait important de noter que plusieurs des recommandations formulées peuvent être rapprochées de celles énoncées dans le rapport Lert-Pialoux, rendu public en décembre 2009 (Le rapport est consultable sur vih.org). En particulier l'appel à un renforcement du dépistage et la nécessité de définir une politique de prévention cohérente.  

  1. 1. Centres de dépistage anonymes et gratuits

Commentaires

réaction

sauf qu'augmenter le budget de prévention n'aura aucune retombée, c'est pas parce qu'on me dira de mettre un préso que j'en mettrai un . Budget prévention = gaspillage total = en réalité propagande politique pour ordre moral.

Le dépistage ? pareil ! les gens qui ne veulent pas y aller ont de très bonnes raisons de ne pas y aller, et je dirais même ont raison de ne pas y aller : elles ont beaucoup à perdre et peu à gagner ! Avant de dépenser des sommes , il faut d'abord vérifier l'efficacité de leur emploi : inciter au dépistage n'est pas convaincre au dépistage, même si cette voie a de l'avenir, alors que la prévention n'en a aucun.

le dernier mot de l'article : la COHERENCE. Justement !
Maintenir le discours actuel de la préven tion est totalement incompatible avec l'accroissement du dépistage. La prévention fait peur , diabolise une maladie banale et donc les gens fuient le dépistage: il faut faire tout le contraire.

les études de rentabilité sont déjà faites : plus on dépiste et soigne aujourd'hui, moins on paiera demain.

SIDA Santé Publique Ministère

Paix à Philippe Séguin, nous le regretterons. Il cherchait la vérité et n'hésitais pas à la publier. En 2008 il osait même refuser de valider les comptes de la sécu fait par le ministre du buget (ex co-dirigeant du cabinet Artur Andersen, cabinet qui a du fermer pour avoir organisé la fausse comptabilité d'Eron et avoir ensuite essayé de détuire des preuves).

Revenons à la politique de santé publique du ministère de la santé. Pas de quoi faire un post. Le Sida s'en sort pas si mal que cela. Regardez la grippe : 95 millions de doses commandées et 5 millions de personnes vaccinées. Encore un exploit français.
Il n'y en a jamais eu vraiment de politique de santé publique en France, alors pouquoi en y aurait il une pour le SIDA.

Il y a un post plus récent sur le tabagisme au cours du SIDA et des difficultés thérapeutiques. Les traitements contre le tabagisme sont efficaces mais ils ne sont pas remboursés. Les traitements sont d'autant plus efficaces qu'ils sont remboursés et que les traitements sont longs, c'est prouvé par de nombreuses recherches. Le tabac c'est une addiction, c'est une maladie chronique. Que dirait on si les anti viraux étaient remboursés pendant un mois seulement, sous pretexte qu'ensuite on peut se les payer car cela va déjà mieux et qu'il faut montrer sa motivation à guérir.

Pour le tabac, qui accepte de limiter les augmentations de prix du paquet de cigarette en France pour que les ventes ne baissent pas ?
Voir : Deleuze J. La lutte contre le tabagisme est-elle toujours une priorité? Rev Prat. 2009 Nov 20;59(9):1187
Qui a t on vue en photo sur les pages publirédactionnelles du Monde l'été dernier, à coté du PDG de Philipp Morris ?

La publicité pour l'alcool est maintenant autorisé sur internet grace à la nouvelle loi sur la santé votée ne juin 2009 (HPST). C'est pour en vendre plus surtout aux jeunes. Plus on les prend jeunes, mieux ils sont accrocs. En plus internet ils adorent .
Etonnant non ? Dans les autres pays on utilise internet depuis 10 ans pour des campagnes de prévention.
Qu'arrive t il au médecin qui dénonce cela dans les journaux internationaux.Il est viré
Allez voir : http://www.atoute.org/n/article146.html

Conclusions

1) N'espèrez surtout pas un politique de Santé Publique. C'est devenu interdit en France.
2) Ne demandez pas au ministère de s'occuper de vos problèmes, cela sera encore plus grave.
3) Arrêtez de rêver, vous n'êtes pas au pays de Candy. La France c'est
le pays qui a le plus fort taux de suicide en prison d'Europe des 15. On a en 50% en plus que l'avant dernier. Record hors d'atteinte.
1 000 000 de personnes en garde à vue en 2009
1 000 000 de personnes en fin de droits en 2010

A oui, un truc important du rapport qui n'est pas cité dans le post

« La fixation d’objectifs chiffrés
Malgré la relative ancienneté de la politique de lutte contre le VIH/sida, c’est seulement récemment qu’ont été définis des objectifs chiffrés. Sauf exception, ces objectifs n’ont pas procédé des plans d’action eux-mêmes, mais des lois intervenues au cours de leur période d’application. La loi du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique (dont 2008 constituait la dernière année d’application) a retenu pour objectif la réduction du nombre de nouveaux cas de sida. Or, compte tenu de l’efficacité des multithérapies, la réduction de l’incidence des cas de sida ne permet plus d’apprécier celle des infections par le VIH. Elle mesure uniquement l’échec du dispositif sanitaire à dépister, à prendre en charge précocement et à traiter efficacement les personnes infectées par le VIH. »

Pour être aussi nul, il faut le faire expres.
on ne fait pas d’objectifs chiffrés
quand on en fait ils ne sont pas pertinents et pas liés aux actions