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A la une - Rapport

Nouvelles méthodes de prévention
et réduction des risques

Suite à la mission sur les nouvelles méthodes de prévention que leur avait confiée le Directeur général de la Santé, Gilles Pialoux et France Lert ont rendu public le 27 novembre 2009 leur rapport «Prévention et réduction des risques dans les groupes à haut risque vis-à-vis du VIH et des IST».

> Consulter ou télécharger le rapport Prévention et réduction des risques dans les groupes à haut risque vis-à-vis du VIH et des IST  Version courte (PDF, 458Ko) / Version longue (PDF, 4,8Mo).

Depuis près de deux ans, les résultats scientifiques et l'observation épidémiologique convergent en faveur d'un profond renouvellement des stratégies de lutte contre le VIH/sida. Il s'agit de combiner tous les moyens disponibles pour renverser la tendance de l'épidémie et donner à chacun plus de moyens de prévenir la transmission du virus dans les pays et dans les groupes où sévit une épidémie massive : C'est le cas dans des pays entiers en Afrique subsaharienne et dans certains groupes des pays à épidémie concentrée: hommes ayant des rapports homosexuels et migrants de pays d'endémie en France.

Cette redéfinition appelle à un nouvel effort de recherche et provoque débats et controverses. Ceux-ci ont pris en France un tour particulièrement aigu entre les associations et au sein des institutions en charge de prévention, conduisant à un blocage des programmes en direction des homosexuels masculins, alors même que la situation épidémiologique s'aggravait.

C'est dans ce contexte que le Directeur Général de la Santé nous a confié une mission d'expertise pour faire le point des méthodes de prévention réduisant le risque de transmission du VIH dans les groupes à haut risque vis-à-vis du VIH et des IST. Pour ce premier rapport sur la prévention, nous avons choisi une méthodologie légère alliant revue de littérature, auditions de chercheurs, de cliniciens et d'associatifs, et réunion d'experts de différentes disciplines sur des thèmes spécifiques entre mai et novembre 2009. Il ne s'agit donc pas d'une méthode par recherche de consensus ou avec cotation des preuves. Il s'agissait moins de faire une expertise des résultats scientifiques qui sont le plus souvent très bien synthétisés dans des métanalyses très structurées que d'assembler ces résultats dans des stratégies suffisamment efficaces au niveau individuel d'abord, collectif ensuite, réalistes et rapidement mises en œuvre.

Cette expertise a ainsi examiné les données sur le risque de transmission par type de pratique, les déterminants viraux de la transmission, l'efficacité préventive du traitement et la signification de la charge virale, les méthodes reconnues efficaces de prévention (préservatifs, prophylaxie post-exposition...) et les stratégies individuelles de réduction des risques : adaptation de la protection ou de la pratique sexuelle aux statuts de chacun dans les relations sexuelles.

Pour la collectivité et pour chaque individu les méthodes combinées de prévention et de dépistage augmentent le niveau de la protection et donc réduisent les risques.

Notre rapport « RDRs » dégage les priorités suivantes :

PRINCIPE GENERAL

La prévention et ses recommandations se réactualisent annuellement. Les recommandations de traitement et de prise en charge doivent intégrer les recommandations du rapport de la HAS sur le dépistage et les recommandations du présent rapport sur la prévention : nouvelle lettre de mission signée par la Ministre, nouveau groupe transdisciplinaire et nouveau cahier des charges dès le prochain rapport d'experts 2010 (dit « rapport Yéni II »). L'objectif est un nouveau document de référence, pluriel, consensuel et largement diffusé regroupant dépistage/traitement/prévention. De fait la diffusion doit être élargie au-delà des cliniciens et doit être doté de nouveaux outils de diffusion.

LES AXES PRINCIPAUX DE LA PREVENTION

Le dépistage (cf rapport HAS 2009) et le traitement ARV (Antirétroviraux) sont des outils majeurs de RDR (Réduction Des Risques). Nous demandons que les recommandations de la HAS sur le dépistage soient mises en œuvre le plus rapidement possible, ce qui implique des modifications du cadre réglementaire. Nous considérons, en droite ligne de l'avis du CNS du 30 avril 2009, qu'un traitement efficace (ART) réduit le risque de transmission VIH. Ce concept du rôle préventif des traitements antirétroviraux, « Treatment as Prevention » (« TasP »), se dégage d'une façon très nette des études disponibles et est suffisamment fort pour constituer dès maintenant une information utile pour les personnes séroconcernées.

Les problématiques de prévention / de dépistage VIH & IST sont indissociables dans les groupes à forte co-prévalence.

Les préservatifs restent le socle de la prévention du VIH. Cette norme préventive s'articule avec d'autres méthodes de réduction des risques : PEP (Prophylaxie Post-Exposition), traitement antirétroviral, communication explicite entre partenaires, stratégies sero-adaptatives. Cette prévention combinée augmentera le niveau de protection face à l'hétérogénéité des risques et aux besoins des personnes concernées.

L'intégration de l'approche « Treatment as Prevention (TasP) » aux programmes de recherche. L'ANRS (Agence Nationale de Recherche sur le Sida) doit poursuivre les efforts entrepris dans ses programmes Nord et Sud et l'intégrer de façon systématique dans les programmes de recherche clinique et en sciences sociales.

Un programme de santé sexuelle pour les personnes séropositives. Les personnes vivant avec le VIH ont des besoins de prévention spécifiques. Ces besoins justifient un programme de santé sexuelle que nous appelons, à la suite d'autres pays, prévention positive, et qui recouvre dans sa dimension médicale la prévention de la transmission du VIH, le dépistage et le traitement des IST, la prise en charge des troubles sexuels, la contraception, les projets parentaux et la grossesse. Ces actions doivent être intégrées à la prise en charge de l'infection VIH dans les services spécialisés, notamment dans la décision de traitement, le suivi médical et l'éducation thérapeutique. Ce programme a pour corollaire une forte implication associative et communautaire. La remobilisation des soignants dans la « prévention positive » est un élément clé de l'application des présentes recommandations.

Le pacte social contre la pénalisation. La pénalisation de la transmission sexuelle du VIH existe dans la législation de certains pays. De nombreux acteurs dans le monde s'élèvent contre ces lois et appellent à leur abrogation. Il n'existe pas de tel texte en France, où des textes non spécifiques ont servi de base à des sanctions pénales dans quelques rares affaires. Le CNS a rendu un avis qui met l'accent sur les actions d'information et d'éducation, de façon à permettre à chacun, quel que soit son statut vis-à-vis du VIH d'assumer sa part de responsabilité et d'alléger la stigmatisation qui pèse sur les personnes atteintes et fait obstacle à la protection (avis du 27 avril 2006). Cet avis devra être réactualisé. Le large consensus qui existe aujourd'hui en France sur la non pénalisation de la transmission du VIH est une des conditions du succès de la prévention positive et une des clés du recul nécessaire de la stigmatisation.

Le renouvellement de la prévention au regard des outils actuels de communication (TIC) . Parallèlement aux sources d'informations habituelles (TV, presse écrite, brochures...), les nouvelles Technologies d'Information et de Communication (TIC), en premier lieu Internet (sites d'information, d'échange type Myspace, Twitter, sites de rencontres, media communautaires) mais aussi la téléphonie mobile dans ses multiples usages prennent aujourd'hui une place prépondérante dans le partage de l'information dans tous les domaines, y compris la santé. De plus, la construction des réseaux sociaux et sexuels se réalise aujourd'hui également dans tous les milieux via ces nouveaux outils. Cette nouvelle donne impose de redéfinir les contenus préventifs, de réfléchir au cadre de diffusion et aux moyens actuels de communication en impliquant tous les acteurs, y compris les éditeurs. Un groupe de travail ou une mission spécifique « nouveaux modes de communications et prévention » visant à redéfinir les messages dans ses aspects techniques, juridiques et éthiques doit être mis en place et à envisager des formes de régulation (Ministère de l'économie numérique, Inria, INPES).

LA PLACE DU MEDICAL

La ré-appropriation par les soignants des processus de prévention VIH & IST en France est une recommandation majeure du présent rapport. Les soignants, les médecins, en ville et à l'hôpital, disposent aujourd'hui d'une palette de moyens de dépistage et de RDR qui leur donnent un rôle central dans la prévention. Ce rôle central n'est, à notre analyse, pas tenu actuellement. Cette recommandation pose la question de la valorisation des actes de prévention à l'hôpital (MIGAC) et en ville (cotation « P » en médecine libérale (CNAM, DSS). Elle met l'accent sur l'apparente insuffisance des COREVIH dans leurs missions de prévention (Mission DHOS à engager).

LES GAYS/HSH

La prévention chez les HSH (Hommes ayant des rapports Sexuels avec des Hommes) est une priorité absolue et urgente. L'incidence et la prévalence imposent que tous les moyens utiles pour augmenter le niveau de prévention dans cette population soient intégrés dans une approche combinée : traitement, PEP, dépistages VIH & IST, promotion du préservatif, actions visant à la réduction du nombre de pénétrations anales non protégées, ainsi que les autres méthodes de réduction des risques disponibles. Ces différents outils doivent être utilisables, hiérarchisés, et promus par la communauté elle-même. Les associations communautaires LGBT (Lesbiennes Gays Bis Trans) et de lutte contre le sida doivent tenir compte des présentes priorités (HSH, partenaires de séropositifs/ves...) notamment dans leurs répartitions budgétaires et leurs actions de terrain. La mobilisation des associations LGBT est une priorité : incitation au dépistage, information sur les nouveaux outils de réduction de risques, augmentation du niveau d'information communautaire... Mobilisation aussi avec le TRT5 élargi pour des recherches/action (dépistage/traitement), à destination des gays/HSH, notamment à Paris.

La création de centres de santé sexuelle LGBT. Nous proposons la création de centres de santé sexuelle LGBT qui offriront la prévention, le dépistage et le traitement du VIH et des IST pour les personnes les plus concernées (HSH, Bi, Trans). Cette proposition se fonde sur le constat de l'insuffisance d'accès aux soins nécessaires pour les personnes trans et les hommes ayant des rapports homosexuels faute de connaissances de la part des professionnels, faute de services et de professionnels capables de réaliser les actes nécessaires ou encore en raison d'attitudes négatives ou du simple malaise des professionnels de santé face aux personnes LGBT et qui de fait limitent leur accès réel aux soins. Les centres de santé LGBT offrent la possibilité d'une optimisation de l'offre de soins en réunissant des compétences professionnelles rares et aujourd'hui dispersées et peu accessibles. Le centre LGBT n'a pas pour vocation d'être un centre de soins primaires pour les gays/HSH/FSF (Femmes ayant des relations Sexuelles avec des Femmes) ou les personnes trans, mais d'être un centre de santé sexuelle qui coopère avec les médecins traitants en ville ou à l'hôpital, comme toute autre structure. Ces centres ont aussi une vocation de formation à la santé sexuelle LGBT (convention hospitalo-universitaire).

LA GOUVERNANCE

Une expertise plurielle. Les orientations, les décisions et la concertation préventive doivent reposer sur une expertise pluraliste associant chercheurs, cliniciens, professionnels de la prévention, et représentants des associations. Nous proposons l'élargissement du champ d'expertise de l'inter-associatif TRT5. Cette décision relève des associations membres. Un tel élargissement nécessitera des moyens supplémentaires et donc un soutien de la part des financeurs publics. Aujourd'hui les enjeux du traitement et de la prévention se rejoignent dans la recherche comme dans la prévention et le soin. L'élargissement du champ d'action du TRT5 à la prévention est donc nécessaire pour inclure la dimension préventive dans la recherche clinique. Cet élargissement est indispensable à la construction et à la réalisation des futurs essais de prévention, notamment PreP (Prophylaxie Pré-Expoxition).

Une nouvelle gouvernance. Les conflits qui ont stérilisé l'action publique ces dernières années doivent être dépassés.

Un suivi des différentes recommandations sur la prévention et le dépistage (Rapports Conseil National du Sida [CNS], HAS, Lert/Pialoux) devrait être mis en place à travers le Plan National 2009-2012, et pourrait faire l'objet d'une saisine du CNS par le DGS.

Une répartition plus précise des rôles entre la DGS pour les orientations stratégiques et les aspects réglementaires et l'INPES pour la diffusion et la mise en œuvre des recommandations du CNS, de la HAS, du futur rapport Yeni II, et du présent rapport.

La nomination d'un-e responsable de la « santé sexuelle LGBT » au sein de l'INPES, recruté avec des compétences et une expérience dans ce domaine favorisera la coordination de ce secteur de la lutte contre le VIH et les IST, et assurera le lien et la dynamique constructive nécessaire entre les experts scientifiques et associatifs.

Les financements et appels d'offres (INPES, DGS, ANRS, Sidaction, Agences Régionales de Santé [ARS]...) mais aussi les répartitions de financement public des associations de lutte contre le sida doivent tenir compte des priorités et urgences du présent rapport, notamment concernant la prévention positive et les gays/HSH.

> Rapport réalisé en collaboration avec Gabriel GIRARD (CERMES-EHESS) et Elisa YVERS (Ecole de santé publique Pasteur-Cnam).
> Renseignements, demande du rapport version courte (60 pages) ou version longue à : rdr.s@tnn.aphp.fr

Commentaires

depistage

je pense que pour chaque personne passant par l'hopital
l'etat va faire un depistage sistematique si ce n'est pas deja le cas..
sur mon site les 'anonymous' n'ont pas le droit d'ecrire ..
c'est grace aux anonymous pseudos que ca dure depuis 25 ans !

Enfin, mais un peu tard quand même !

De jcm :

Le premier commentaire paru est un contresens total : on lit cette réaction : " Vous voulez pénaliser et entraver la liberté de choix du vécu sexuel de chacun ".
Or, précisément, ce rapport va au contraire redonner la liberté de choix et de vécu sexuel, puisqu'il permet aux séropositifs de ne plus mettre de capote sans empecher ceux qui la mettent de continuer à la mettre.
Le problème du dépistage, c'est que les gens, qui de toutes façons aujourd'hui préservent d'abord leur liberté sexuelle indépendemment des messages qu'ils entendent, ne vont pas au dépistage à cause de l'exclusion où les mettaient les discours passés. La capote, ne l'oublions pas, est un moyen de prévention qui n'est PAS retenu dans les pays où la culture s'oppose à la liberté de choix et de vécu sexuel ( Etats-Unis, Italie....). la capote s'est imposée globalement de façon culturelle très précisément sur la philosophie de la liberté du choix individuel, pour éviter le sérotriage , pour éviter le cloisonnement entre des peuples très contaminés ou d'autres moins contaminés.

Etant donné la puissance absolue du dépistage qui annihile presque intégralement la transmissibilité des séropositifs, quand au contraire la capote n'est même pas mise par la moitié d'entre eux, plus aucune question ne se pose : la science épidémiologique a parlé, et la question est de lever tous les freins anciens qui ont freiné le dépistage.

exemple : les act-upiens se lancent dans une campagne pour dépénaliser le sida . c'est contre productif dit l'association. Justement, la notion de pénalisation qu'ils soulèvent est la bonne, et nous ne faisons que parachever cette très juste analyse en faisant remarquer que la pénalisation ne se décline pas que sur le plan pénal mais aussi sur le plan moral et social. "le silence tue". les gens qui ont des pratiques sexuelles sont exclus non par la seule Loi mais aussi par un discours ambiant et l'insuffisance du dépistage en est la cause directe et clairement identifiée, il ne s'agit pas seulement d'accessibilité au test. Les tests d'accès rapides et anonymes auront du succès mais rien ne prouvent que les gens qui les auront fait iront se faire suivre médicalement pour autant, à la différence de ceux qui font un dépistage volontaire suivi d'accompagnement.

Il n'y a aucuns moyens nouveaux dans le projet de France Lert.Les traitements "totalement" préventifs qui ont entrainé l'efficacité du dépistage sont les mêmes qu'avant. Il y a simplement des faits et des conséquences mieux analysés et quantifiés : des causes et des effets mesurés, à l'origine de la validation de cette Nouvelle stratégie , bien plus éthique que l'ancienne au passage, puisque l'ancienne a consisté aussi à cacher aux séropositifs le moyen de ne plus être contaminant, ne l'oublions pas.
Le dépistage est l'arme la plus efficace, à condition qu'on sache l'employer, et si d'autres moyens existent aussi, déjà connus et identifiés mais dont on connait les limites et l'insuffisance ( capopte, chasteté, fidélité ), ces moyens restent les seuls dans les pays qui n'ont pas les traitements, mais le discours qui vaut dans ces conditions là est un obstacle à lemploi des nouveaux moyens modernes. Voilà pourquoi, malgré l'absence d'innovation scientifique médicale , il y a dans ce projet beaucoup plus qu'une simple inflexion : on parle de changement de paradigme...mais le moins que l'on puisse dire, c'est que s'il y a bien une critique farfelue, c'est celle sur l'attaque contre la liberté individuelle, soit à la suite d'une mauvaise lecture du rapport, soit pour manipuler le lecteur peu assidû.

Re_enfin, mais un peu tard

Sans entrer dans un exposé des raisons de prendre en considération une dimension de dogmatisme inhérente à la théorie du sida, il ne peut qu'y avoir de son fait même, dans le vécu subjectif du public, un sentiment plus ou moins diffus de sanction potentielle pesant sur l'ensemble des conduites sexuelles, à commencer bien sûr par celles dites à risque. Historiquement, le bilan des 25 années écoulées serait à évaluer et nuancer en fonction d'un certain nombre de critères d'explicitation le plus souvent bien trop négligés, du moins dans la communication vers le grand public et le débat avec lui.

en France, le procès final du sang contaminé est intervenu à point nommé pour faire passer au second plan le bilan très lourd de l'AZT. De manière générale, pendant très longtemps, l'existence d'ONG dédiées, puis de l'ONUSIDA, ne semblent pas avoir beaucoup favorisé en Afrique et ailleurs la prise en compte la plus responsable de la malnutrition, ni celle de la malaria et du paludisme, ni celle des carences dramatiques en équipements et moyens sanitaires.

Ce qu'on peut redouter à lire le rapport de F. Lert et G. Pialoux, même si ils ont les meilleures intentions du monde, c'est encore une fois une surmédicalisation et un processus de contrôle interactif très assujettissants et dommageables à la sphère de l'intimité et de la vie privée, et partant à l'ensemble des rapports sociaux.

Les lecteurs assidûs d'un site tel que celui-ci, comme ses rédacteurs, pourraient bien n'être sensibilisés qu'à certains aspects des problèmes, qu'à certaines manières de l'envisager. Je ne pense que ce soit manipulateur de signaler l'impérative nécessité de plusieurs angles d'approche.

je prends mes lunettes.

de jcm

Ce qu'on peut redouter à lire le rapport de F. Lert et G. Pialoux, même si ils ont les meilleures intentions du monde, c'est encore une fois une surmédicalisation et un processus de contrôle interactif très assujettissants et dommageables à la sphère de l'intimité et de la vie privée, et partant à l'ensemble des rapports sociaux.

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manipulation de votre part ou incompréhension totale ? :

1/ Il s'agit d' un processus de LIBERATION de contrôles assujettissants et lourds pesant sur l'intimité et non le contraire

2/ Loin d'être une surmédicalisation, le recul de l'épidémie liée aux traitements débouche in fine à moins de médicaments.

3/ la société est complètement déréglée par une image fausse et irrationnelle du sida. Au lieu de parler de tentation que le rapport Hirschel représente en donnant des raisons de ne plus se protéger ( car même séropositif , non seulement on n'a plus peur de la mort mais en outre , on n'a plus peur de contaminer ), vous feriez mieux de considérer ceci :

La peur de contaminer a en réalité déjà disparu depuis que le sida n'est plus une maladie mortelle. Transmettre le VIH est dommageable en ce sens qu'on ne transmet plus une maladie suffisemment grave pour s'arrêter à si peu ( dans les pays où il y a des soins ) , mais on transmet bien une exclusion en refilant une exclusion ....à ceci prêt que le contaminateur n'est en rien responsable des délires des masses qui conduisent à cette exclusion. Un séropositif qui porte son VIh depuis 20 ans et qui va aussi bien que moi ...... se moque complètement si son ami séronégatif devient séropositif, parce que l'opionio publique, on s'en fout, on l'affrontera ensemble au cas où...... vous voyez ce que je veux dire ?

Que les gens abandonnent chez nous la capote ne tient pas du tout en réalité à la non transmissibilité du VIH,inconnue des gens encore aujourd'hui, sauf des happy few ( very few ! ) qui écrivent ici... c ela tient plutôt au fait réel que transmettre un herpès inguérissable ne fait guère plus de chaud ou de froid qur transmettre le VIH après 15 ans de succès conquérants des trithérapies. On a appris la mort, la vraie, et on sait qu'elle n'a rien à voir avec ce résidu de virus chronique, qui n'embête plus que les économistes. Cette maladie est soignable, à vie ! Si on ne donne pas les médicaments qui sauvent aux malades, comme en Amérique, c'est la faute de qui ? je suis un peu léger ici, mais il l'est tout de croire que l'on peut raisonner comme si on était encore au moyen-âge, et faire comme si l'homme n'était pas un tant soit peu démiurge, et prêt à s'emparer du pouvoir de la guérison. La capote est tout , sauf le SEUL moyen de se protéger du sida.
Un peu plus de médicaments aujourd'hui, c'est un peu moins de médicaments demain, et surtout beaucoup plus de respiration chez les gens sains d'esprits qui ne sont pas atteints par la peur irrationnelle du VIH. Faudrait-il alors remettre les clefs de la conduite de la société aux phobiques terrorisés , au titre que la peur qui les déborde est le meilleur rempart contre le VIH ? ( ce dont nous doutons très fortement !!! )

Ces "autres angles d'approche " vous conviennent-ils mieux ?

Petite question

Combien de personnes ont-elles été mises sous traitement à vie avec des produits plus ou moins toxiques, simplement parce qu'elles ont souscrit au rituel du dépistage et de la confession de pratiques sexuelles "hors normes", alorsqu'elles n'étaient atteintes d'aucune affection réelle, ou d'affections bégnines, ou d'affections plus sérieuses, mais en tout cas curables sans difficulté majeure indépendemment les unes des autres, qu'il s'agisse de mst ou d'autres maladies ? Combien de personnes souffrent-elles aujourd'hui de vieillissement précoce en raison avant tout de l'emploi au long cours d'antirétroviraux ?
Le système de la distinction entre groupes à haut risque et groupes à bas risques a fait qu'à détection de séropositivité égale, le diagnostic a pu être tantôt de séronégativité ou de résultat non significatif, tantôt de séropositivité nécessitant la mise sous traitement à vie !

coquille

une coquille :
j'en profite pour remanier un peu.

exemple : les act-upiens se lancent dans une campagne pour dépénaliser le sida . Penaliser est contre productif dit l'association. Justement, la notion de pénalisation qu'ils soulèvent est la bonne, et nous ne faisons que parachever cette très juste analyse en faisant remarquer que la pénalisation ne se décline pas que sur le plan pénal mais aussi sur le plan moral et social. "le silence tue". les gens qui ont des pratiques sexuelles à risques sont exclus non par la seule Loi mais aussi par un discours ambiant, ce qui est la cause directe , majeure, et clairement identifiée de l'insuffisance du dépistage : non, la question du dépistage n'est pas seulement celle de son accessibilité, ni celle de son accompagnement par un suivi. Les tests d'accès rapides et anonymes auront du succès mais rien ne prouvent que les gens qui les auront fait iront se faire suivre médicalement pour autant, à la différence de ceux qui font un dépistage volontaire suivi d'accompagnement.

and so on ?

Oui bien sûr rien ne prouve qu'ils iront pour autant se faire suivre médicalement... mais rien ne prouve non plus le contraire !
Et pourquoi vous opposez le dépistage rapide au "dépistage volontaire" ?? Parce que les tests d'accès rapide ne sont pas fait volontairement ?

Et puis quand bien même certains n'iront pas se faire suivre médicalement, ils sauront leur statut sérologique, et pourront adapter leurs pratiques sexuelles et adopteront peut-être une autre stratégie de prévention...

NON !!!

Vous voulez faire faire les frais par les minorités sexuelles françaises d'une réaction fondamentaliste et raciste anti-obama de l'Amérique profonde. Tous vos chiffres de statistiques et vos présupposés soi-disant scientifiques sont archi-faux et truqués, vous le savez pertinemment. Vous voulez pénaliser et entraver la liberté de choix du vécu sexuel de chacun par le renforcement à une échelle criminelle beaucoup plus large d'un monstrueux iatrogénocide déjà si largement banalisé qu'il passe à peu près inaperçu. C'est ignoble.
C'est vous, chercheurs et donneurs d'ordres du sida, qui avez façonné dans les populations une déshumanisante dissociation de l'affectif et du sexuel. Et vous voulez aller toujours plus loin dans la même direction.